Mercredi 30 Avr 2008
Pas grand chose à dire...
Par Panthère, Mercredi 30 Avr 2008 à 15:12 GMT+2 dans Tu les vois mes griffes ?

(enclencher la musique tout en bas, merci)
Il me reste trois semaines de cours, une semaine de révisions, une semaine de partiels, et j'ai fini ma scolarité. Je n'arrive pas à m'y faire. Non pas que ça me traumatise (même si je réalise un peu tard que je n'en ai peut-être pas assez profité... je ne regrette rien pourtant.), c'est surtout que j'angoisse pour ce qui va suivre. Je ne fais pas partie de ces gens qui voguent vers leur avenir avec assurance. Je ne cesse de me poser des questions sur mes capacités et mes motivations. Je sais dans quels milieux je veux travailler (librairie ou salles de concerts), je sais à peu près chez qui j'aimerais bosser, mais entre ce qu'on voudrait, et ce qu'on a, tout le monde sait qu'il y a une grande différence. C'est cette marge-là qui me fait peur.
Ça fait des mois que je me bats avec moi-même pour ne pas être paralysée par celle-ci (ma peur), mais ce n'est pas facile. Je vous explique le cercle vicieux : j'ai la trouille, donc je n'ose pas contacter les salles/librairies pour tenter ma chance, le temps passe, je stresse encore plus, et j'ai encore plus la trouille... Ça fait un peu pitié dit comme ça, mais pourtant c'est ça. A m'en couper l'appétit parfois, à mettre trois plombes à m'endormir, à me donner envie de dormir plusieurs jours de suite pour arrêter de penser.
Ça fait plusieurs semaines que je suis au bord d'une monumentale crise de nerfs. Tout ce que j'espère, c'est que lorsque ça pètera, je serai seule, ou avec mon chéri (seule ça serait mieux, je ne veux pas lui infliger ça, mais quand je suis seule c'est très dur à supporter... dilemme.). Je ne veux pas que qui que ce soit d'autre ait à supporter ça, ou pour être tout à fait honnête, je ne suis pas sûre de pouvoir me mettre dans un tel état de faiblesse et d'impuissance devant qui que ce soit, même mes plus proches ami(e)s. Parce que je suis plutôt grande et que j'ai du caractère, on n'imagine pas que j'ai une sensibilité plus forte que la moyenne (du moins je pense) à gérer, que j'étouffe et que je cache, car je ne l'assume toujours pas complètement. Alors la voir exposée au grand jour brutalement, je suis sûre que ça en gênerait plus d'un(e).
A côté de ça, je me bats pour être moi-même, dans une société où le paraître et ce qu'on attend de vous pèse sur vos épaules. Je prends conscience peu à peu qu'il y a beaucoup de choses qu'on attend d'une femme dont je ne veux pas : être mariée, avoir des enfants (je changerai peut-être d'avis, mais ça m'a l'air mal barré), être femme au foyer, être toujours nickel niveau look et apparence. Et pareil socialement.
Je me rends compte qu'à bientôt 23 ans, je me connais toujours aussi mal. Mes lectures me poussent à des réflexions profondes, qui tournent souvent en rond. Mais je pense qu'à long terme, elles seront bénéfiques. Je suis sûre de ne pas croire en dieu ni aucun autre dieu du genre. Si je crois en quelque chose, c'est en la Nature : mère et bienveillante, mais aussi femme cruelle et sans pitié avec les faibles. Justice brutale des éléments, de la loi du plus fort, du plus rapide, du plus intelligent, du plus discret. De celui qui trouvera des moyens pour survivre.
Je crois en une égalité de l'homme et de la femme, mais pas au sens où on nous le fait avaler aujourd'hui... les deux sexes sont trop différents pour être égaux. Egaux en droits, c'est certain, mais chaque sexe a ses atouts et ses faiblesses. Il serait bien que tous en prennent enfin conscience, et qu'on arrête les préjugés sur chaque sexe : l'homme a la force physique, la femme a la féminité (au sens où on est toutes "belles, élégantes", vous voyez le genre... encore une belle invention) sans rien dans la tête. On a le droit d'être masculine, mal sapée. Les mecs ont le droit d'être fragiles, efféminés. Je rêve d'un monde où on serait tous à notre place sans avoir besoin de cacher la personne que l'on est vraiment. Ça ne se réalisera jamais, mais laissez-moi rêver.
Je sais que je ne veux plus dépendre de qui que ce soit à part en amour. Une phrase de ma mère récemment m'a mise hors de moi... Elle m'a dit, sur un ton condescendant et d'un air de "tu n'y connais rien ma pauvre fille" : tu seras toujours dépendante de quelqu'un. C'est bien l'avis d'une femme au foyer qui n'a connu que quelques années "d'indépendance" pour dire ça...
Voilà pourquoi je veux avoir mon boulot, et jamais le lâcher. Je ne veux pas dépendre financièrement de mon chéri, quand bien même il ne m'en ferait jamais le reproche. Parce que je sais que j'ai des capacités qui ne demandent qu'à s'épanouir, et que je ne vais certainement pas les enfermer sous le poids des couches et des pleurs d'enfants (non, je ne me sens pas de taille à bosser et avoir des gosses en même temps. L'éducation ça me paraît important, et je crois que deux parents qui bossent passent à côté de quelque chose...).
On résume : je veux avoir mon boulot (m'en contrefous de gagner moins d'argent que mon chéri. La question n'est pas là. Ce qui est important, c'est de gagner MON argent, et de le dépenser sans avoir de comptes à rendre à qui que ce soit.), mon indépendance financière donc, être belle et à faire peur quand ça me chante (j'emmerde ceux que ça dérange) sans pour autant n'avoir rien dans la tête (en quoi porter des talons et une mini réduit votre QI ? Je vous le demande... tout au plus ça réduit le QI des mâles alentours...), me gaver de livres, de cinéma, de concerts, de théâtre, de peinture, de musées.
Je ne souhaite pas vivre totalement en marge de la société juste pour prouver que je suis "quelqu'un" et pas juste une écervelée qui suit tout ce qu'on lui dit.
Je sais que je suis influençable quand j'ingurgite une opinion, mais j'en avale toujours une deuxième avant de décider ce que j'en pense vraiment.
Je sais que je suis à la fois trop "caractérielle" et trop douce, trop dure et trop sensible, que je peux me noyer dans un verre d'eau.
Je suis comme je suis, trop facile à cerner et imprévisible.
Je veux juste trouver ma voie, la suivre sereinement, et qu'on ne vienne pas m'emmerder avec mes choix qui ne seraient pas justes ou judicieux aux yeux des autres (tiens un exemple : ma mère qui me soutient mordicus que j'aurai des enfants et que j'adorerai ça. Je céderai peut-être à la pression sociale, mais de là à aimer ça... c'est une autre histoire !). Mes choix me regardent, et que ceux à qui ils ne plaisent pas aillent voir ailleurs. C'est moi que ça regarde et personne d'autre !
Voilà pourquoi je suis aussi fatiguée, irritée, que je dévore ou que je pinaille dans mon assiette, susceptible, peu réceptive à la détresse des autres en ce moment : je me cours après, je tâtonne à la recherche de ma vérité personnelle, de mes futurs proche et lointain. Veuillez me pardonner mes sautes d'humeur, mon égocentrisme... quand j'aurai de nouveau un foyer stable (et surtout sain, sans mauvaise humeur/rancœur ambiante qui me mine encore plus le moral), tout ira mieux. Ce n'est qu'une crise. Elle passera, elle reviendra, jusqu'à ce que je trouve un boulot où je me sente à peu près bien, et installée avec mon chéri. Mes amis me pardonneront, les autres passeront leur chemin. Transformons ce moment noir en une étape positive, il triera le bon grain de l'ivraie. Un peu de cynisme, quoi, ça n'a jamais tué quelqu'un. Si... ?
(Musique : A Window to the Past, Harry Potter 3, John Williams)














