Chez Panthere

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson





Cela faisait déjà maintenant quelques mois que ce livre me narguait dans chaque Fnac (ou Cultura) dans laquelle je mettais les pieds. Aussi, lorsque j'ai vu que la petite médiathèque de ma ville le prêtait, j'ai pris le taureau par les cornes et j'ai été le réserver...

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Trop peu de mots pour te le dire...

 



 

Parce que ça fait longtemps...
Parce qu'il est tard et que mon esprit
est toujours en accord avec mon cœur à cette heure-là,
Parce que je t'aime et que je ne pourrai jamais le dire assez souvent,
Parce que le moindre prétexte est bon pour te dire mon affection...



Il en faut peu,
Il en faut beaucoup,
Un éclair dans tes yeux,
Quelques mots doux,

Pour un soupir
Ou un instant de plaisir
Sur mon visage.

Un regard faussement sage
Me volera un sourire
Calmement et sans mot dire.

Sagesse,
Gentillesse,
Douceur,
Extincteur...

De tristesse,
De douleur,
De peur,
De paresse...



Je ne saurais traduire ce que je ressens quand, t'attendant sans trop savoir quand tu arrives, j'entends sonner à la porte. Parfois je me précipite, parfois non. Mais toujours, toujours, te revoir fait faire un saut périlleux à mon cœur dans ma poitrine. Je ne parle pas de cette profonde satisfaction et de cette paix immense qui m'envahissent quand je retrouve l'étreinte de tes bras. Je fonds sans possibilité de résister sous la douceur de ton regard, et le plaisir évident que tu as à me voir, là, tout contre toi.
Je ne me lasse pas, je ne me lasserai jamais de tes bisous et de tes mots doux, de ces regards qui en disent long et tellement mieux que les mots.

Parce que ça faisait longtemps que je ne te l'avais pas dit ici, je t'aime, mon Ange !

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L'enfant disparue (part 7)

 


 

(Pour ceux qui découvrent ou veulent relire, les parties précédentes
ci-dessous, qui s'ouvrent directement dans un nouvel onglet...)




Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Hya était allongée, enfouie sous une épaisse couverture en laine. Des rayons de soleil jouaient sur le plafond peint en blanc. Elle tourna la tête, et vit Lisenn dans le lit voisin, dormant profondément. Son amie était pâle, mais sa respiration régulière, aussi l'inquiétude de Hya se dissipa.
Elle se redressa, sans doute un peu trop précipitamment, car elle eut le vertige, et dut s'immobiliser quelques secondes, le temps que sa faiblesse passât. Elle s'extirpa de son lit et jeta un œil par la fenêtre : c'était l'après-midi, de gros nuages cotonneux envahissaient un ciel bleu, sur lequel les maisons noircies par le feu amenaient un certain contraste.
Elle n'avait sur elle qu'une mince chemise de nuit, et aucun vêtement n'était en vue dans la chambre. Elle ouvrit prudemment la porte, et eut à peine le temps de jeter un regard qu'un petit bout de femme se ruait sur elle :
"Enfin ! Enfin vous êtes réveillée ! J'étais tellement inquiète ! Comment vous sentez-vous, guérisseuse Hya ?
- A peu près bien, mais très faible. Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Deux jours et demi depuis l'attaque et votre intervention."
Hya sentit du respect et de la ferveur dans la voix de la petite bonne femme. Elle fronça les sourcils, et lui demanda :
"De quelle intervention voulez-vous parler ? Je ne me souviens plus de grand-chose, à part que Lisenn était cernée par trois Arcancians... qu'ai-je fait ensuite ?
- Vous avez flotté au-dessus du sol, vous brilliez... pour l'ennemi vous étiez terrifiante ! Pour nous aussi, à dire vrai, avoua son interlocutrice. Vous vous êtes mise à leur hurler d'arrêter, et puis tout s'est enflammé autour de vous, herbe, Arcancians, maisons... et en plus de ça, vous teniez Lisenn, qui n'a pas eu une égratignure, en dehors de sa blessure à l'épaule !, expliqua la petite femme, pleine d'admiration. Je peux me permettre de vous demander comment vous avez accompli ce miracle ?
- Je... je n'en ai pas la moindre idée. Je ne me souviens de rien...
- Oh... en tout cas, grâce à vous, les Arcancians ne sont pas prêts de remettre un pied hostile par ici !"
La tête de Hya se mit à tourner. Elle s'agrippa au chambranle de la porte pour ne pas perdre l'équilibre. La petite bonne femme ouvrit de grands yeux, et se mit à s'excuser, outrée par sa propre curiosité :
"Oh, c'est tout moi ça ! Je cause, je cause, sans me présenter ni prendre soin des personnes que j'héberge ! Je me nomme Naïsa, je suis la mère de Lisenn... grâce à vous, notre maison est seulement roussie à l'extérieur. Hélas, tout le monde au village n'a pas eu cette chance ! (Elle s'interrompt, et fronce les sourcils) Voilà que je recommence ! Venez vous asseoir, je vais vous amener un bon repas !"
Hya suivit Naïsa dans la cuisine, s'assit sur une solide chaise en bois, et s'accouda sur la table en chêne, un peu gênée par cette familiarité, mais trop faible pour pouvoir faire autrement. Elle regarda Naïsa s'activer, et lui amener une assiette au fumet prometteur. Hya ne se fit pas prier deux fois : le parfum émanant du potage l'avait mise en appétit, et elle dévora son repas sans se laisser une seconde de répit. Enfin, après une excellente compote de pommes en guise de dessert, elle s'adossa à sa chaise et sourit avec satisfaction : elle se sentait revivre. Elle vit Naïsa lui sourire en retour. Sa faim et sa faiblesse apaisées, son âme de guérisseuse reprit le dessus. Elle questionna Naïsa au sujet de Lisenn :
"Comment va-t-elle ?
- Aussi bien qu'on peut aller en ayant une blessure à l'épaule... heureusement que j'avais une crème à vous pour la soigner ! J'ai fait ça en attendant que vous y jetiez un œil... j'espère que j'ai pas mal fait !
- Ne vous inquiétez pas, je vais aller voir ça tout de suite !"
Hya se le va et alla au chevet de Lisenn. Son amie dormait toujours, le visage pâle, encore. Celle-ci portait une chemise de nuit sans manches, qui permettait un accès direct au pansement. Hya l'enleva avec précaution, et observa la blessure : la plaie était saine, et peu profonde. Naïsa avait eu de la chance, et, avec l'aide de la crème, elle avait fait aussi bien qu'Hya l'aurait fait en pareille occasion.
Hya refit un pansement propre à son amie, puis la veilla quelques temps. Celle-ci finit par ouvrit les yeux, et sourit à la vue de son amie qui s'était assoupie sur la chaise, à côté de son lit. Hya se réveilla peu après en sursaut, un air angoissé sur le visage, puis elle vit que Lisenn était réveillée, et toute trace d'angoisse disparut de ses traits.

(à suivre...)

 

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