Clopin clopant

Je suis toujours là, si si, et même que je reviens cette semaine avec tout ce qui m'énerve le plus en ce moment, alors accrochez-vous, tout le monde va en prendre pour son grade !
Je commence avec les fumeurs... Pour ceux et celles qui me connaissent un minimum, ils et elles savent que je ne supporte pas l'odeur de la cigarette et que ça me rend très hargneuse quand un fumeur fume à côté de moi, bien entendu dans un lieu où normalement il n'aurait pas à fumer (dans le train, sur le quai d'une gare fermée, et j'en passe...). Je précise, avant de commencer ma diatribe, que ce passage de ma note ne s'adresse qu'aux fumeurs irrespectueux (ma tite Souris, j'aimerais qu'ils soient tous comme toi !).
Donc. Les fumeurs (surtout les irrespectueux, bizarrement) se plaignent du passage des restaurants et autres lieux publics en lieux non-fumeurs. Petite réflexion ensemble, voulez-vous bien ? Avant, un non-fumeur ne pouvait que fermer sa gueule, il s'en prenait plein les poumons et pouvait pas grand chose contre ça. Ensuite y'a eu les gares qui sont devenues non-fumeur, mais la plupart des fumeurs (les irrespectueux qui sont la majorité, hélas) n'en ont eu cure, et ont continué à nous cracher à la gueule leur indifférence.
Et maintenant ces connards (irrespectueux, toujours, je précise) viennent pleurnicher parce que les restaurants deviennent non fumeurs ? Moi je dis que c'est un beau retour de situation ! Ces égoïstes comprennent enfin notre douleur, à nous autres les non-fumeurs ! Eh oui, se prendre de la fumée contre son gré, et ne pas avoir son bâton de drogue, au final, la frustration est la même. Enfin ils peuvent comprendre ce qu'on ressent, ce qu'on a pu ressentir quand, allant dans un bar ou un restaurant, on en ressortait les poumons encrassés (moi ça me provoque de l'asthme en plus cette merde), et puant la clope des racines des cheveux aux doigts de pied. Eux vont devoir subir la même chose, mais dans l'autre sens : devoir se sevrer, ou aller s'isoler le temps de consommer leur drogue...
Comme juste retour de situation face à ces gens égoïstes, ça me va tout à fait.
Ce qui m'agace un peu plus, c'est qu'on passe d'un extrême à un autre. Avant, la cigarette était "le" truc sexy par excellence. Maintenant c'est devenu un objet de mépris, très mauvais pour la santé, et rappelons-le, appelons un chat un chat, une drogue pour qui en consomme régulièrement (je vous laisse le soin de définir régulièrement). Bref. J'ai quelques rares ami(e)s qui fument (et des respectueux), et je les plains de ne pas pouvoir faire leur café-clope comme à leur habitude dans un café.
Ils ont le choix maintenant entre aller dans des salles spéciales fumeurs, très mal ventilées, ou aller dehors (se les cailler en hiver, génial) pour tirer sur leur bâton...
Ne peut-on avoir une meilleure solution, une meilleur cohabitation plutôt que d'en arriver à cet extrême qui ne satisfait qu'une partie des concernés ? Je ne veux plus être polluée, mais je ne veux pas non plus que mes amis soient privés de leurs cigarettes (aussi dangereuses soient-elles pour la santé, c'est leur problème, pas le mien). Alors quoi ?
Donc, je résume : bien fait pour les connards et les connasses irrespectueux(es), qu'ils goûtent bien à la frustration toute nouvelle qu'ils vont devoir subir, celle que les non-fumeurs ont pu ressentir depuis des années, jusqu'ici. Dommage pour les fumeurs respectueux, ce sont eux qui perdent le plus dans l'affaire.
Une dernière chose à propos des gens qui fument dans le train : en moyenne, je m'en farcis un à deux par semaine... j'ai beau ne pas toujours monter dans le même wagon à chaque fois, j'ai toujours la poisse de tomber sur un enfumeur ! Et pas que de cigarette, en plus...
Voilà pour ce qui concerne les fumeurs..
Autre coup de gueule, beaucoup plus général celui-ci... peut-être bien que ça a toujours été comme ça, mais je ne suis pas un vampire de quatre cents ans, donc je ne peux attester ce qu'il s'est produit les siècles précédents. Toujours est-il que je trouve les gens aujourd'hui d'un égoïsme sans égal. C'est du chacun pour soi, le voisin peut bien crever, on s'en fout tant que ça nous retombe pas sur la gueule...
Tiens, un bel exemple : la grève des étudiants pour la loi sur la privatisation des facs... personnellement, je ne sais pas trop si je suis pour ou contre. Ce que je sais, c'est que je veux que la fac continue d'être accessible à tous, et toujours au même prix. Et je refuse qu'il y ait davantage de renommée pour certaines et pas pour d'autres. Je doute que cette loi aille dans ce sens... même si la privatisation peut s'avérer avantageuse pour certaines facs, pour la notre, ça signifierait à court terme la fermeture de ma filière Arts Musique. Et ça, je suis contre. Scientifiques, excusez la rage qui vient juste après, mais j'en ai marre de bouffer du scientifique à tous les coins de rue ! Y'a pas que S, ingénieur, dans la vie (même si beaucoup de mes potes sont ingénieurs, ce sont des exceptions, ils sont ouverts et plutôt artistes sur les bords) ! J'en ai plus que ras le bol de ce discours scientifisant que nous sort l'Etat. Et les artistes dans tout ça ? La culture artistique, elle vient d'où, d'après vous ? Eh ouais... Et une de mes élèves qui est en Terminale littéraire m'a même dit qu'un Scientifique lui avait sorti un jour : ça sert à quoi de faire des études en littérature ? Ce à quoi elle a répondu : les bouquins dans lequels t'étudient ils viennent d'où pauvre naze ? Eh oui... les maisons d'édition appartiennent aussi au circuit littéraire, même les maisons d'édition spécialisées dans la SCIENCE ! Donc, merde quoi ! Je veux pas que ma filière disparaisse au profit d'une science déjà bien assez omniprésente à mon goût. Il faut ed tout pour faire un monde, beaucoup trop de gens l'ont oublié.
Et donc, il y a des étudiants qui bloquent les facs pour protester contre ça. Je ne reviendrais pas sur la façon pas très légale dont certains se permettent de le faire, c'est un autre débat. Je veux juste dire aux anti-blocage qu'il faut pas penser à sa petite personne, mais aux étudiants qui viendront derrière. Pensez à l'avenir, et pas qu'à votre petit cul : comment ça va se passer, si cette loi passe ? Est-ce que c'est si catastrophique, la fac, de nos jours ? Je ne crois pas, non. Le système ne marche pas aussi mal qu'on veut bien nous le faire croire. Bref, je m'enflamme.
Tout ça pour dire que moi, je pourrais m'en foutre royal parce que je finis mes études en juin prochain. Mais j'ai pas envie de faire mon égoïste et de me fermer à tout ce qui ne me concerne pas. Je pense à mes ami(e)s qui vont continuer en master, dans ma classe, et qui risquent de peut-être galérer à cause de ça, je pense aussi aux générations futures... et j'ai envie qu'elles connaissent ma filière, ces générations-là. Ok, bloquer ça peut faire foirer une année d'étude. Petit rappel, une inscription à la fac ça coûte, dans la mienne, 350 € environ. Si les facs se privatisent et si ça finit comme aux US, on paiera 7000 € l'année. Alors quoi ? Vaut-il mieux pas louper une année à 350 € plutôt que de l'avoir, et que les générations futures finissent, tôt ou tard, par payer le prix fort, et s'endetter à vie ? Sans compter que ce sera devenu un truc de riches, les études supérieures, si on en arrive là. Alors vive les facs publiques !
Ca c'était un exemple parmi d'autres, je pense aussi notamment aux fonctionnaires SNCF... qui ont fait la grève pour garder leurs privilèges. Là encore, un débat difficile. Je suis d'accord pour qu'ils cotisent plus longtemps, et aussi pour qu'on leur enlève une prime qui n'a plus aucun sens aujourd'hui vu que les locos fonctionnent à l'électricité ! Cela dit je comprends aussi leur position, ils répugnent à perdre des avantages qu'ils ont durement gagnés... Est-ce une raison pour vouloir à tout prix les conserver, ou pour vouloir à tout prix les aligner un peu plus sur les gens dans des situations plus précaires, comme nous autres dans le privé ? Je ne sais pas. Je ne sais pas qui a raison et qui a tort, de l'Etat ou des fonctionnaires, peut-être un peu les deux ! Toujours est-il qu'on peut voir de l'égoïsme chez les fonctionnaires qui se battent pour leurs privilèges comme chez les usagers qui, énervés par cette grève (à juste titre), râlent et disent : qu'ils fassent pas chier et qu'ils s'alignent sur nous, ça n'est que justice ! Vu leurs avantages, leur en enlever un petit peu, ça va pas les tuer ! Mais j'aime pas cette réaction, ça fait trop : "ils en sont pas où on en est, alors ils ont pas à râler si on leur enlève quelques trucs !". Ca fait la personne jalouse qui veut que l'autre soit au même niveau qu'elle pour ne plus avoir quoique ce soit à jalouser. Les gens, si vous êtes pas contents, fallait bosser à la SNCF. Faut assumer ses choix. Eux l'ont fait, et veulent pas perdre ce qu'ils ont. Après, bien ou pas, j'en sais rien, mais c'est comme ça !
Bref, encore un exemple de l'égoïsme des gens : tant que ça les touche pas, ils s'en foutent. L'égoïsme et même la jalousie, pour cet exemple-là... franchement ça craint !
Enfin voilà j'ai donné deux exemples parmi tant d'autres pour prouver que les gens d'aujourd'hui ne pensent plus avec leur coeur mais qu'avec leur tête et leur porte-monnaie. Ca me concerne pas donc je m'en fous. Diviser pour mieux régner, vous connaissez ? Même si l'homme n'est pas généreux de nature, on nous a fait suffisamment la morale en philo pour savoir que l'homme a en lui parts égales d'inné et d'acquis. Et la générosité, c'est autant d'égal que d'acquis, selon les personnes ça varie bien sûr mais bon. Ne pas penser qu'à soi, ça demande un effort supplémentaire, c'est sûr, mais croyez-moi, penser aux autres, quand on s'y met, ça n'est pas si difficile.
Arrêtez de ne penser qu'à votre petit nombril ou votre situation, arrêtez de comparer à d'autres qui ont choisi d'autres voies que vous, plus aisées ou plus difficiles, arrêtez d'envier. Réfléchissez, mettez-vous à la place des autres, et acceptez (assumez !) le chemin que vous avez pris. La vie c'est la diversité, on n'est pas tous égaux et c'est comme ça. On doit lutter pour aider les plus démunis, et ne pas laisser les "grands" devenir encore plus grands. Mais s'acharner entre moyennement démunis et totalement démunis, ce n'est pas la solution.
J'ai l'impression d'avoir un discours religieux, là, c'est très agaçant... j'espère que vous avez perçu le message. En ce moment, je suis très fatiguée, et je ressens d'autant plus cette indifférence que les gens ont les uns pour les autres. Je ne vous demande même pas de "vous aimer les uns les autres". Seulement de vous apercevoir que votre voisin existe et que non, vous n'êtes pas le centre de son univers, que lui a autant le droit de vivre, d'avoir droit au bonheur, que vous.
Sur cette note qui aborde beaucoup de sujets à controverse (et encore je n'ai pas fait allusion à notre prayzidant, n'est-ce pas), je vous dis bonsoir, et à bientôt !
Par Panthère, Mercredi 12 Decembre 2007 à 21:45 GMT+2 dans Félins et félines (article, RSS)








