Un être vous manque et...

Je n'aime pas la maison où je vis quand l'essence même de son âme n'y est pas présente : mes parents. Je ressens comme un gros vide qui me mine considérablement le moral.
Je me souviens, j'avais sept ans... je devais aller dormir chez une amie, mais je n'ai pas arrêté de pleurer et de me sentir mal (pas physiquement), au point de finir par revenir chez moi. Il paraît que mes pleurs étaient dûs à la mort de mon cochon d'Inde, à peine entré chez nous déjà décédé car fragilité... et j'étais partie chez cette amie juste après... personnellement, je ne me souviens de rien de tout cela, sauf de ce sentiment aigu de solitude, d'impuissance, et de ne rien pouvoir faire pour changer la situation. C'est quelque chose que je ressens face à certaines situations. C'est également ce que j'ai ressenti certaines fois, quand j'ai habité ces deux années sur Paris, seule, dans cette chambre de bonne de 9m². Du désespoir et un violent sentiment d'impuissance.
Pendant quelques jours, ils ne vont pas être là... ils sont chez mon grand-père. Heureusement, je ne suis pas seule, mes frangins sont là. Je déteste avoir la maison pour moi toute seule. Dans ce genre de cas, je me sens vide et inutile. Je tourne en rond comme un tigre en cage. Aujourd'hui, j'aurais dû être à la fac. Sauf que, fidèles à leur mauvaise organisation, je me suis retrouvée sans prof, et donc sans cours. Partie par le train de 10h30, je suis revenue il était 13 heures... j'avais toute une après-midi à tuer, seule. Je me suis assommée de films pour calmer le noeud d'angoisse qui stagnait aux environs de mon estomac. Il s'est calmé pendant que je les visionnais, et, maintenant qu'on a tous les trois dîné et que nous sommes chacun sur notre PC, je ressens de nouveau ce vide, l'absence de mes parents dans la maison.
Ca va au-delà même de la sensation d'insécurité quand ils sont absents. Je ne saurais pas comment l'expliquer. Je me sens un peu comme un môme perdu dans un grand centre commercial, ça se trouve à quelques pas de ses parents, mais sans le savoir. Un peu comme si je perdais une partie de moi lorsqu'ils ne sont pas là. C'est quelque chose qui m'inquiète profondément, car je me demande comment je vais vivre mon départ du nid, du coup. Si quand ils ne sont pas à la maison ça me remue, qu'est-ce que ça va être quand je ne vivrais plus avec eux ? Les repas n'ont pas la même saveur quand ce n'est pas ma mère qui les fait, ce genre de petits détails qui font tout, et rien à la fois.
Je ne crois pas faire un genre de Tanguy, car je meurs d'envie de voler de mes propres ailes... mais quand je vois dans quel état ça me met lorsqu'ils ne sont pas là, je me demande comment je vais vivre ma vie dans mon chez-moi. Ce sera peut-être plus simple d'arriver dans un lieu où je n'ai pas de souvenirs avec eux, où l'âme de l'endroit, ce sera mon chéri et moi, et personne d'autre.
Bref, vous l'avez compris, depuis hier soir, je me sens patraque, et, je crois que c'est le mot, abandonnée. Mon chéri a filé pour chez lui où il a retrouvé sa soeur qu'il avait pas vu depuis longtemps (normal, habitant en Angleterre...), mes parents ailleurs, mes frangins qui vivent leur vie (normal), et ma classe divisée en deux parties : admin et pédago... Sans doute un peu de fatigue, et mon système digestif qui me fait caprice sur caprice ces dernières semaines, ce qui n'aide sûrement pas au moral global.
Ajoutez enfin le fait d'être allée à la fac aujourd'hui pour rien... pas de prof, pas de remplaçant pour le prof, la secrétaire au courant de rien car les profs font pas passer les infos... toujours le même merdier, qui commence à me fatiguer... je suis en train de me rendre compte que je me suis inscrite cette dernière année à la fac juste parce que je voulais côtoyer encore un an ces personnes que j'apprécie tant. Et de prendre dans la face la réalité du dédoublement de ma classe, avec des gens que j'aime beaucoup dans l'autre filière, que je ne verrai plus aussi souvent, qui se feront des souvenirs cette année sans moi. C'est con mais ça fait mal. Il y a des jours comme ça où je ressens les choses plus intensément, ces jours-ci ce sont les sentiments négatifs, simples ou complexes.
Le sentiment global qui ressort, c'est un sentiment d'abandon, et d'inutilité extrême. Totalement injustifié en soi, puisque personne ne m'abandonne, mais c'est ce que je ressens. Et des larmes prêtes à jaillir dès qu'une situation s'y prête. Tout à l'heure j'ai failli pleurer devant la Belle et la Bête (je ne pleure jamais devant un film...), c'est dire.
Je voudrais juste que quelqu'un me prenne dans ses bras, et que tout ces sentiments négatifs m'abandonnent... c'est tout ce que je demande : une paire de bras qui me serre fort...
Par Panthère, Lundi 8 Octobre 2007 à 20:43 GMT+2 dans Les griffes sont de sortie ! (article, RSS)
Là, c'est une accumulation d'évènement extra-ordinaires, perturbant ton quotidien et t'obligeant à changer des habitudes plus qu'appréciées.






