Chez Panthere

Les sentiments, le couple, la société...

Attention, note consistante qui fait chauffer les neurones... Prévoyez un peu de glace :)
Je parle du couple et du respect l'un de l'autre, de l'image de la femme, des colères mal contrôlées... bref, si vous voulez en savoir plus, venez !



Chacun dans sa vie s'est senti au moins une fois animé d'une pulsion destructrice envers l'autre, d'un désir de le soumettre, de le molester... Nous avons tous eu des envies de meurtre, des envies de faire disparaître le responsable de nos souffrances, d'éliminer un rival... Nous vivons tous des pulsions de haine, de racisme, de fascisme... Mais, dans l'immense majorité des cas, nous ne passons pas à l'acte.
Nous sommes parfois tentés de permettre à la tension psychique de s'échapper un peu. Nous n'allons pas jusqu'à tuer... mais il nous arrive d'infliger des blessures morales sinon physiques. D'autant que la colère nous offre une couverture. "Tu comprends, j'étais furieux..." Etonnamment, dans une société qui réprime les affects, l'émotion passe pour une excuse. Être fâché vous ôte la responsabilité de ce que vous dites et faites ! Même en cour d'assises, plaider le passionnel vous gagne la sympathie des jurés. Non, la colère ne doit pas constituer une justification de la violence. Comme le samouraï lève son sabre plutôt que de regarder en lui la racine de sa colère, la violence infligée à autrui est un processus passif, un refus ou une incapacité d'accès à la responsabilité de ses sentiments, de ses comportements ou de ses pensées.
Le violent ne veut en général assumer aucune responsabilité, ni quant à l'origine du problème, ni quant à ses besoins, ni quant aux moyens qu'il utilise pour régler le différend. Pour lui, c'est toujours l'autre le responsable. C'est l'enfant qui a provoqué, c'est l'autre qui s'est montré menaçant, qui a regardé de travers. "Travaillant à Sarcelles et dans les autres banlieues de la région parisienne, je n'ai vu et entendu partout que des victimes, que des gens qui estimaient faire de leur mieux et pour le plus juste. Personne ne s'est revendiqué comme bourreau et oppresseur et, au contraire, chacun se justifiait de ses actes et accusait les autres", dit Charles Rojzman. Personne n'aime à se voir violent.

=> Dans ce texte je reconnais certaines personnes de mon entourage qui sont incapables de se retenir de hausser la voix, de dominer l'autre par la colère. Et aussi de dire des choses qu'elles regrettent après. Je pense aussi à Gabi qui disait que dire des horreurs sous le coup de la colère n'était pas une excuse. Je la rejoins... C'est pour ça que quelque part je suis contente de ne pas arriver à l'extérioriser pleinement. Parce que des fois, je suis tellement en rage que je serais capable de tout !

On ne peut désirer l'autre que lorsqu'on est deux. Quand chacun tente de devenir ce qu'il imagine que l'autre attend de lui, quand chacun se perd lui-même pour se conformer à une image, quand les conflits sont systématiquement évités, l'individu n'existe plus, le désir meurt. Ce n'est peut-être pas par hasard que beaucoup de couples se réconcilient sur l'oreiller après avoir déclenché une dispute. Est-ce à dire que le manque de désir qui s'installe peu à peu dans les couples pourrait être lié à de la colère non exprimée ? Oui, d'expérience de thérapeute, c'est souvent le cas. Cependant, les sentiments de rancœur ne sont plus conscients, puisque refoulés.
Vous vous changez pour l'autre ? Vous choisissez vos vêtements en fonction de lui (d'elle) ? Vous n'allez plus voir que des films qui lui plaisent ? Vous ne cuisinez que ce qu'il (elle) aime ? Vous devenez un prolongement de lui (d'elle). Comment avoir du désir pour lui (elle) puisqu'il (elle) est devenu une partie de vous ? D'autant qu'à vous conformer ainsi, vous niez une partie de votre personnalité, et accumulez inconsciemment du ressentiment ; une distance se crée, mais celle-là n'est pas propice aux rapprochements amoureux. Une certaine modélisation est inévitable dans un couple qui s'aime. D'une part on a envie de faire plaisir à l'autre, d'autre part, par un processus sur lequel nous reviendrons, la synchronie vient encore emmêler les choses. En effet, deux personnes vivant ensemble vont avoir tendance à se mettre au diapason, au rythme l'une de l'autre. S'affirmer dans ses désirs, conserver des différences de goût, rester soi-même dans la relation ne vas pas de soi. Une attention particulière, ainsi que des mises au point régulières sont nécessaires.

=> C'est quelque chose que je n'ai compris que récemment : quand on s'aime, qu'on veut aller de l'avant et rester ensemble un long moment, il ne faut pas se fondre l'un dans l'autre, ni essayer de toujours faire plaisir à l'autre en s'oubliant. Non, il faut rester soi, et permettre à l'autre d'être lui. J'ai fait cette erreur dans mon précédent couple, on en a été malheureux tous les deux. Je me suis écrasée, et je lui en voulais de m'écraser pour lui, et de ne pas s'écraser lui aussi pour mieux correspondre à mes idéaux. Aujourd'hui, je ne veux pas tomber dans la même erreur. Alors vive le dialogue... J'ai des envies, des rêves qui ne vont pas forcément avec le caractère de mon homme, ou sa façon de voir la vie à deux. Mais je suis décidée à les défendre, parce qu'ils font partie de moi. De son côté, j'ose espérer qu'il ne refreine pas ses rêves. Je ne veux plus m'aplatir, être quelqu'un que je ne suis pas. J'ai du caractère, mais je veux trop faire plaisir aux gens, ou plutôt, ne pas les blesser ni les décevoir. Ca doit changer, ça a commencé à changer... je sais avec certitude ce que je veux, et rien ne me détournera de ma route. Même si je suis totalement ouverte au dialogue et prête à expliquer (et non pas à justifier...) mes choix...

La leçon du Petit Prince
L'amour entraîne la responsabilité. Comme le renard l'explique au petit prince, apprivoiser, c'est créer des liens, et "tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé".
Responsable ? Le mot dérive du latin respons, qui signifie répondre de. Aimer, c'est répondre de la relation. Plus concrètement, cela signifie être attentif aux besoins psychiques de l'autre. Non pas les prendre en charge, mais les respecter, les écouter et leur donner réponse. Aimer, c'est faire attention à notre façon de traiter l'autre.
La communication est l'écoute mutuelle sont des conditions nécessaires à l'éclosion et surtout à l'entretien d'un amour authentique.
L'amour est indissociable du respect. Il n'est pas compatible avec l'humiliation. Je me souviens d'avoir été profondément choquée par l'attitude d'un homme vis-à-vis de sa femme lors d'un repas. Devant tout le monde, il l'a traitée de "conne" puis de "pauvre idiote". Comme je lui exprimais mon malaise devant cette façon d'insulter sa femme, il me répondit que c'était affectueux ! Il lui parlait toujours comme cela et cela ne voulait pas dire qu'il ne l'aimait pas... En réalité, il ne l'aimait pas, mais ne le savait pas encore. Il avait eu du désir pour cette femme, il avait éprouvé une certaine forme d'affection, il avait pris l'habitude de vivre avec elle, elle lui était familière. Plus tard, il est tombé amoureux d'une autre femme. Pour la première fois de sa vie, à soixante et un ans, il a connu l'amour. Ses insultes envers son épouse lui sont alors apparues pour ce qu'elles étaient, des manifestations de frustration et de colère.
Le mot respect est dérivé du latin respicere, qui signifie regarder. Le respect n'est pas un devoir moral, mais un mouvement intérieur spontané qui signifie l'amour. C'est la capacité à voir la personne telle qu'elle est, c'est être conscient de son unicité, c'est désirer de la voir s'épanouir selon ses propres désirs et voies, et non selon nos projets. Sinon, ce n'est plus de l'amour, c'est de l'exploitation. On peut faire des projets avec les autres, pas sur les autres. "Je veux qu'il fasse du football, me dit Pierre à propos de son fils. Il n'aime pas ça, mais je le force, j'aurais tellement aimé en faire à son âge."
L'exemple paraît caricatural, il est pourtant authentique. Combien de parents veulent ainsi diriger l'avenir de leurs enfants ? Roger a tout fait pour inciter sa fille à enter dans la fonction publique comme lui. Yves continue d'avoir du mal à admettre que son fils devienne archéologue plutôt que professeur de mathématiques ou comptable.
Dans un couple, les mêmes tendances de contrôle sur la vie de l'autre peuvent se profiler. Olga en a assez de vivre en vase clos dans la maison, elle veut se réaliser socialement, s'inscrire dans le monde du travail... Leurs enfants ont cinq et neuf ans. Mais Patrick a peur de la voir s'émanciper. Il tente de la dissuader pour la conserver à son service. Elle s'occupe de lui sur le plan matériel puisqu'elle assure la totalité de la charge ménagère, mais aussi, et probablement surtout, elle est au service de ses besoins affectifs. Tant qu'Olga est dépendante de lui financièrement, Patrick peut se permettre de dépendre d'elle émotionnellement.
Dans le couple de Roland et Sabrina, c'est celle qui freine. Il voudrait monter son entreprise, elle le persuade de rester dans la fonction publique. Elle met en avant la sécurité financière, au-delà de cela, elle a peur qu'il ne prenne trop d'autonomie, de confiance en lui... Pourquoi ? Elle s'estime si peu que la perspective de voir son mari s'épanouir en dehors d'elle la terrifie. Elle a peur de ne plus être à la hauteur.
Tant que nous avons besoin de l'autre pour combler nos manques, ce que nous appelons amour est mâtiné de Canada Dry - ça ressemble à de l'amour, ça a le goût de l'amour, mais ce n'est pas de l'amour. Aimer, c'est s'ouvrir à la réalité de l'autre, tel qu'il est, sans chercher à le rendre conforme à nos attentes, c'est l'encourager dans sa voie, même si elle n'est pas la nôtre, tout en respectant et exprimant nos besoins propres, bien entendu.
La gratitude est aussi une facette incontournable de l'amour vrai. Comme le respect, ce n'est pas non plus un devoir moral, mais un élan issu de l'intérieur. Quand on est heureux avec quelqu'un, on ressent de la gratitude à son égard. Non pas tant pour tel geste ou telle parole, mais tout simplement parce qu'il existe et nous offre de vivre tout ce bonheur.

=> J'ai eu de la chance d'avoir des parents qui m'ont laissée choisir mon avenir. Pour ça, je ne les remercierai jamais assez. Auparavant, j'avais besoin d'une âme sœur pour me sentir moins seule, pour me soutenir, pour m'échapper de chez moi, et tout un tas d'autres raisons... une façon comme une autre de combler des manques ou des besoins. Pourtant je peux assurer que je l'ai aimé ! Aujourd'hui, j'ai la chance de n'avoir plus aucun manque (enfin je le crois), et d'aimer mon homme sans Canada Dry. J'espère juste qu'il va de même dans l'autre sens...

Vers une sexualité épanouie
Le sexe est encore tabou, malgré le Minitel rose, la multiplication des partenaires et les allusions érotiques quasi permanentes dans l'environnement. Il est devenu un produit de consommation, et on l'évoque comme tel. La réalité de ce qui se passe dans l'intimité se dissimule sous une pudeur marquée de doutes et de culpabilité. Peu osent discuter avec leurs amis (ou même avec leur partenaire) de ce qu'ils ressentent au lit. Sourires gênés ou rires gras accompagnant les blagues cochonnes servent un même but : maintenir le tabou. Une des activités les plus importantes de la vie humaine est presque totalement passée sous silence. Comment s'étonner alors qu'elle soit le lieu de tous les fantasmes ? Une des plus grandes sources de joie et de jouissance terrestre est fréquemment empreinte de violence et marquée par les rapports de force. D'où vient que la sphère du plus intime rapprochement entre deux êtres soit le lieu de tant de haine ? Qu'est-ce qui a permis la perversion de l'amour ?
Peurs
On dit que l'homme a peur de la femme, que sa sexualité mystérieuse et puissante le fascine mais aussi l'intimide. Il lui faut la contrôler pour ne pas être dépassé. La fusion amoureuse ressemble à la symbiose maternelle dans laquelle nous avons baigné à l'aube de notre vie. S'y abandonner serait perdre ses repères, voire son identité... Si la mère a été ambivalente, violente ou captatrice, faire l'amour devient compliqué pour la femme comme pour l'homme. L'homme pénètre, il lui faudrait dominer cette femme trop puissante qui risquerait de l'avaler ou de le détruire. La femme doit laisser l'autre la pénétrer, avec tout le danger fantasmatique de détérioration de son intérieur. La peur de se laisser aller, de lâcher prise, est en relation avec les expériences du début de la vie. Puis-je faire confiance à cet autre ? Puis-je le laisser entrer en moi, pénétrer mon intimité ? La peur, pour demeurer inconsciente, n'en est que plus virulente. Elle s'exprime par des symptômes divers, éjaculation précoce ou impossible, frigidité, vaginisme, impuissance, donjuanisme (il séduit mais ne passe pas à l'acte), pornographie, sexe permanent. Certains hommes, qui se vantent d'adorer les femmes, ne peuvent en aimer une. Ils font jouir leurs conquêtes avec doigté, certes, mais ils ne lâchent pas le contrôle, de peur d'être absorbés dans le monde féminin. Cette terreur se double d'une grande agressivité contre la mère, elle aussi tapie dans l'inconscient. Certaines mères ont pu être trop fusionnelles. Insatisfaites dans leur couple, elles ont pu reporter leurs attentes affectives sur leur fils, sans jamais réussir à lui dire clairement ce qu'il avait besoin d'entendre : "Non, je ne me marierai, ni ne ferai jamais l'amour avec toi." D'autres ont été carrément maltraitantes. Nombre d'hommes ressentent le besoin irrépressible - dans le fantasme ou dans la réalité - d'avilir la femme, de la posséder, de la salir, l'utilisant en fait comme outil de vengeance.
Nombre de femmes se retiennent, se contrôlent, pensent à autre chose en simulent l'orgasme pour plaire à leur partenaire. Elles ont été blessées dans leur corps et/ou dans leur âme. Trop nombreux sont les pères abuseurs, ceux qui ont séduit, touché, utilisé leur fille pour leurs besoins propres, ou ceux qui ne lui ont jamais dit : "Non, je ne me marierai, ni ne ferai jamais l'amour avec toi." Mais la difficulté des femmes à atteindre l'orgasme peut aussi être en relation avec le lien à la mère. Quelle intimité a-t-elle pu partager avec elle ?
Qui a appris à faire l'amour ? On ne parle pas de ces choses-là ou alors sur le registre grivois... L'éducation sexuelle que nous distillons à nos enfants aujourd'hui dans les écoles reste très technique et centrée sur la procréation. Les dimensions du désir et du plaisir restent le plus souvent absentes du discours des professeurs comme celui des parents.

=> Je tenais à dédicacer cet extrait à des amis pour qui le sexe est apparemment une évidence, une chose simple et naturelle dont ils savent apparemment beaucoup de choses à leur jeune âge (aux alentours de 22 ans selon les amis). Est-ce une spécialité masculine de se vanter à ce sujet ? Prétendre tout savoir "oui bien sûr qu'il faut être à l'écoute de sa partenaire pour la faire jouir, qui ne sait pas ça ?" et après peut-être découvrir tout étonné que la partenaire simulait (là je m'adresse aux hommes en général, pas à mes amis...).
Donc messieurs mes amis, ne prétendez pas tout savoir, par pitié. D'une part, je ne me moquerai pas si vous m'avouiez un jour ne pas savoir telle chose ou "mal en faire une"... tout simplement parce que de mon côté j'en apprends tous les jours, par divers moyens (pratiques comme théoriques). Encore récemment j'ai été rassurée sur certaines choses que je pensais anormales chez moi. Non, je n'ai pas honte de le dire (même si je n'irais pas jusqu'à en dire la nature, c'est intime tout de même !), alors s'il vous plaît, arrêtez de prétendre que le sexe est une chose naturelle, et sans tabou. Sinon un jour, je vous promets que nous aurons une conversation sans cachotteries, et je ne serai pas la première à me taire par pudeur ou gêne, je vous le garantis !

Le péché originel
La sexualité est à l'origine de toute vie humaine. En Occident, qui dit origine dit Genèse et péché originel. Depuis Adam et Eve, la sexualité est marquée du sceau du Malin. Certaines traductions de la Bible nous invitent à croire que c'est un péché de chair qui a chassé les deux premiers humains du paradis. La femme, porteuse de la tentation, est dénoncée coupable. L'homme, incapable de lui résister, est décrété non responsable de ses actes.
Antérieure à Eve, est Lilith, la première femme créée par Dieu égale à l'homme. "Homme et femme il les créa." On trouve différentes versions de l'histoire de Lilith mais, dans toutes, elle manifeste une sexualité trop puissante et exprime son autonomie. Consciente d'avoir été créée égale, elle refuse la domination d'Adam, ce qu'il supporte mal. Elle part avec Satan. Dieu crée alors une autre créature, plus docile, pour le pauvre Adam, à partir d'une de ses côtes. (Mais Lilith reviendra tenter Adam quand il sera lassé d'Eve.)
Depuis longtemps, il semble que les hommes projettent leurs désirs "coupables" sur la femme, l'accusant d'être la tentatrice hantée par le désir de la chair, celle qui provoque. C'est donc la femme qui est responsable (coupable) de l'excitation qu'elle éveille. Il faut la punir. L'Inquisition s'y est employée. Lancée par une bulle du pape Innocent VIII, la chasse aux "sorcières" commence en 1484. (Elle durera en France jusqu'à la révolution de 1789 ! Et en Espagne jusqu'en 1820 !) Dans le Maleus Maleficarum, on trouve cette phrase édifiante : "Toute sorcellerie vient des passions charnelles qui, dans les femmes, sont insatiables." La chose est claire et entendue ! Grâce à l'équation femme = sexe = sorcière, une simple dénonciation est suffisante pour prouver la culpabilité de la suspecte. L'accusée est torturée jusqu'à ce qu'elle signe une confession préparée par l'inquisiteur, dans laquelle elle avoue commercer avec Satan et se livrer à des pratiques obscènes. La signature est récompensée par la mort par simple strangulation. Celles qui persistent à clamer leur innocence sont brûlées vives. Comment tant d'abus ont-ils été possibles et comment ont-ils pu durer si longtemps ? Ils servaient l'ordre patriarcal.

=> Ah, Lilith... je l'adore ! Sinon vous remarquerez que cette partie revient sur une note que j'ai fait récemment sur "Le sexe fort, le sexe faible"... Ce paragraphe me révolte et à la fois me donne envie de hurler de joie, de voir que je ne suis pas la seule à penser ainsi... quel soulagement !
J'ai dit que j'appréciais grandement la figure Lilith pour le fait qu'elle s'assume, qu'elle ait une sexualité totalement épanouie, et enfin qu'elle soit l'égale d'Adam et pas soumise à lui comme l'est Eve... Vous saviez que Lilith était brune et Eve blonde ? ;) (C'est sans doute pour ça que la majorité des mecs préfère les blondes aux brunes...)

Puritanisme et patriarcat
"Le puritanisme accompagne toujours et partout toute dictature, qu'elle soit militaire, politique ou religieuse. L'énergie sexuelle réprimée alimente un fanatisme dont l'idéologie en place a un besoin absolu pour se maintenir et conquérir", dit Ernest Borneman. Toutes les sociétés matristriques (Ce terme caractérise un type d'organisation sociale dominée par les éléments maternels. Je me réfère aux conceptions de Borneman, je cite : Le terme matriarcat est incorrect parce que la racine grecque archos, monarque, semblerait indiquer que, dans une organisation de ce type, la mère règne et exerce sa domination. Or il n'en est rien. Toutes les civilisations que Lewis Henry Morgan, qui a popularisé cette expression, décrit dans ses travaux se distinguent précisément par le fait que les mères n'utilisent pas le pouvoir latent dont elles disposent au sein du clan ou de la tribu pour établir une domination sur leurs maris, leurs pères ou leurs fils. C'est très précisément en cela que ces systèmes se différencient du patriarcat, lequel constitue au contraire un authentique système de domination.) sont pacifiques et égalitaires. On n'y décèle ni rang, ni classe, ni hiérarchie. La fin du néolithique voit apparaître la propriété privée et le vol, le pouvoir des hommes et la hiérarchie, les guerres. Cinq millions d'années d'égalité sexuelle ont laissé la place à une ère de compétition, de conquête et de possession. Le patriarcat est né avec la transmission par héritage. Pour s'assurer la fidélité de sa femme, seul gage de sa paternité sur les enfants qu'elle met au monde, l'homme a inventé le mariage et fait passer son message : "Une femme est faite pour avoir des enfants et servir son mari." Le patriarcat n'a eu de cesse que de commander aux femmes de renier leurs corps, d'étouffer leurs désirs, et de se soumettre à l'autorité mâle. Il a réussi à tel point qu'encore aujourd'hui on entend nombre de femmes soutenir avec conviction que les hommes ont davantage de désir et de besoins sexuels qu'elles. Alors que la réalité physiologique est exactement inverse. Chaque orgasme accompagné d'une éjaculation fatigue l'homme, qui, même très viril, n'en peut plus après trois ou quatre éjaculats. La femme dite "multi-orgasmique", plus elle a d'orgasmes, plus ils sont forts, et plus elle peut en avoir. Mais on ne peut sentir le manque de ce qu'on ne connaît pas. L'excision n'a pas été nécessaire en Occident pour rendre les femmes "sages", l'ignorance a suffi. Kinsey, Masters et Jonhson, puis Gräfenberg (et Ladas, Whipple, Perry), enfin Kitzinger, ont lancé d'énormes pavés dans la mare. Le MLF a permis un bref instant aux femmes de se réapproprier leur corps en les informant et en leur permettant de parler vrai avec les copines. Depuis, tout cela est retombé dans l'oublie. Le corps des femmes est redevenu objet de séduction, objet de désir... et de consommation.
Sous-informées, culpabilisées et convaincues qu'il est normal pour une femme d'avoir peu d'envie, la plupart ne recherchent même pas l'éveil de leur potentiel. D'autant que, c'est bien connu, une femme qui éprouve trop de plaisir est une salope. La libération sexuelle a fait évoluer les choses, mais le nombre de femmes qui simulent l'orgasme est encore tout simplement effarant (et ce même parmi les don juanes). Il est vrai qu'il est plus facile de déclencher l'orgasme masculin. Si l'homme se contente de se mettre sur la femme et d'aller et venir en elle plus ou moins brutalement, on comprend qu'elles s'ennuient et finissent par décréter ne pas aimer ça. Elles ne peuvent même pas imaginer à quelles jouissances prétendre en étant plus respectueuses d'elles-mêmes, et plus actives. Les femmes, interdites de jouissance et de puissance, sont devenues objets. De nos jours, nombreux sont encore les hommes qui ne supportent pas qu'une femme soit sexuellement active. Comme Nicolas le dit, "une femme qui monte sur moi, ça me coupe tout". S'il n'a pas le pouvoir, il est impuissant ! La répression de la sexualité féminine a du même coup obligé l'homme à refouler la sienne. Sa sexualité est devenue "instrumentale", au service d'un plaisir physique qui exclut la dimension relationnelle, la communication, l'intimité. L'homme a lui aussi perdu sa puissance.
Quelle cause sert donc tant de répression sexuelle ? Il est bien connu que la passion amoureuse nous détourne de tout. Carrière, entreprise, argent et même conventions sociales... Rien de tout cela ne revêt plus guère d'importance aux yeux des amants, qui n'ont qu'un désir, fusionner. Imaginez un instant l'état de la société si l'amour habitait les cœurs ? Lorsqu'on se sent puissant dans son cœur et dans son corps, les jeux de pouvoir du social perdent de leur attrait. Quand on a goûté à l'intimité, on n'a plus envie de jouer ni le dominant ni le dominé. L'angoisse qui nous poussait à consommer toujours plus ou à gagner encore davantage n'est plus là. Et quand toute une économie est fondée sur le jeu de pouvoir... Il faut prévenir ce désastre ! Tout notre système éducatif s'y emploie : réprimer les pulsions, les désirs, la créativité personnelle, apprendre aux enfants à se conformer, à obéir, à se soumettre, faire taire leurs émotions.

=> Là encore on revient sur ma fameuse note "Sexe fort, sexe faible"... vous apprécierez un texte plus construit que le mien et qui apporte quelques précisions sur les sociétés non pas matriarcales comme je le disais mais matristriques. Egalité totale entre homme et femme... pourquoi est-ce que cela a changé ? Comment en est-on arrivé à aujourd'hui, où la femme commence tout juste à sortir de ce carcan où l'homme l'a enfermée ?

Tous les extraits que vous avez pu lire ci-dessus en rose sont extraits de L'intelligence du cœur d'Isabelle Filliozat. Ca donne envie de tout lire, vous ne pensez pas ? Vraiment un excellent bouquin...

Vos commentaires

1 Le Vendredi 7 Septembre 2007 à 16:54 GMT+2, par gabi

MERCI. Ca me fait plaisir de lire cette note. Pour son intelligence.
Pulsion destructrice : désarmé chez moi par la parole et le dialogue. Je cherche la cause du probleme et j'en parle à l'autre. J'offre à l'autre la possibilité de me répondre, de parler, de s'exprimer. A lui de la prendre ou pas.

Je déteste les gens qui se serve de leur colère comme excuse. C'est tellement facile, de se décharger sur l'autre ainsi en osant attendre de lui un pardon "naturel" "du" à votre relation. Comme si on ne pouvait pas exprimer clairement son désaccord dans le calme et le respect de l'autre! Je hais ces gens, oui, je l'avous, car je refuse d'etre leur bouc emissaire.

Etre aimé : oui mais etre aimé pour soi ou pour ce que l'autre veut qu'on soit? D'accord a 200% avec toi. J'ai pas besoin qu'on m'aime pour ce que je ne suis pas. J'ai même poussé des ex à réaliser leur rêve à mes détriments. Si on m'aime que ce soit pour de bonnes raisons ou pas^^
N'y a-t-il pas de plus beau cadeau que d'être soi et aimé pour soi même? Même si on sera la cible de tous ceux qui ne s'aiment pas et se vengent sur nous, on a des satisfactions qu'ils ne connaitront jamais.

Responsabilité affective : d'accord avec toi. Ce pourquoi même en etant franche, je reste délicate. J'essaye de ne pas blesser en m'exprimant avec soin. Rassures toi, ca ne plait pas pour autant ^^

On n'a pas a controler la vie de l'autre. C'est de l'egoisme pur. Chacun vit comme il l'entend. Si on n'a plus d'affinités, de sentiments pour cette personne, si le désaccord est trop fort, je trouve plus adulte de se séparer d'elle que de lui reprocher ce qu'elle est.

Sexe : pour les tabou 100% d'accord. Apres, c'est personnel. Je dessine des gens à poil ou fétichistes, ou faisant l'amour (je ne suis pas prude). Mais je suis pudique. Je plaisante sur le sexe si je me sens à l'aise avec les gens. Chacun ne vit pas le sexe, le fantasme et le désir de la même facon alors comment partager ca? Je ne vois pas ... Bibis

2 Le Vendredi 7 Septembre 2007 à 20:56 GMT+2, par anne

waouh! dur de suivre ça de bout en bout un vendredi soir!! :o) mais bougrement intéressant. Je pense qu'on a suffisamment parlé de sexe toutes les deux pour que tu saches à quel point je suis d'accord avec tout ce qui est dit dans cette note à ce sujet. Par contre, j'aimerais nuancer le propos sur la colère et le fait de rester soi-même. Je suis globalement d'accord avec tout ça, mais :
- parfois sous l'effet de la colère on arrive à "sortir" des vérités, des choses qu'on n'arrivait pas à formuler avant, comme s'il fallait un peu de pression pour que le bouchon parte et que la tension disparaisse. Et s'il y a une chose pire pour moi que de dire des choses qu'on ne pense pas sous l'effet de la colère, et de dire ce qu'on pense vraiment alors qu'en même temps on est en colère, et de se rétracter ensuite genre "mais non tu sais j'étais en colère je ne le pensais pas", alors qu'en fait on le pense du fond du coeur! (je ne sais pas si je suis bien claire, là!).
Pour avoir réfréné ma colère presque toute ma vie, je peux dire que depuis que je m'autorise à moins me contrôler, ça peut parfois faire avancer les choses! Et ca ne veut pas forcément dire blesser l'autre...

- ensuite, rester soi-même pour les choses importantes, je suis vraiment d'accord. Par importantes j'entends : ce qui fait les fondements de ta personnalité, tes rêves, tes aspirations, tes passions...etc. Par contre, tomber dans l'excès inverse du genre "rien n'est négociable je ne me changerai pas d'un pouce pour l'autre", ça peut aussi clore un dialogue, couper court à l'évolution possible d'un couple (en amour ou en amitié d'ailleurs!). En gros, on ne doit pas changer, mais on peut s'adapter! Mais tu as bien raison quand tu dis que ça ne sert à rien de s'écraser! Ca ne peut mener nulle part...
bisous ma belle!

3 Le Samedi 8 Septembre 2007 à 17:25 GMT+2, par Panthère

Gabi, oui, on peut parfaitement exprimer son désaccord dans le respect de l'autre, sans chercher à le blesser dans les mots... Et pour le regretter (ou pas pour certain(e)s !) après.

Pour le fait d'être aimé pour ce qu'on est, j'ajouterais même qu'il m'arrive de croiser certains regards envieux (ceux-là j'aime bien) ou noirs (= jaloux... sauf qu'ils oublient qu'être un couple c'est beaucoup de travail, ce n'est pas une histoire de chance, ça se travaille et s'entretient, comme le reste...). Je te dis ça parce qu'on a été sur Paris avec mon chéri ce matin, et nous avons notamment croisé une dame qui nous a lancé un sourire éblouissant en nous voyant tous les deux... ça fait plaisir !

Pour ce que tu dis sur le sexe, je suis totalement d'accord. Moi de même, je ne suis pas prude, mais pudique. Pour la parenthèse que j'adresse à mes amis, c'est parce que leur assurance en eux m'a agacée, et que derrière se cache probablement des choses qu'ils ignorent ou font mal sans même le savoir. Avoir une nana qui ose dire "tu t'y prends mal comme ça, fais plutôt comme ça", ça ne court pas forcément les rues. Ajoute à ça le fait que parfois certain(e)s ne se doutent même pas qu'un plaisir plus grand peut exister, ou croient savoir quand elles ont un orgasme, à tort... et je parle que des nanas, là... bref, si je leur ai dit tout ça, c'est que je suis prête à aller un peu au-delà de ma pudeur pour voir si leur "soi-disant" assurance est vraie ou juste un beau coup de bluff sur beaucoup d'ignorance ! (Non, en sexe, je n'aime vraiment pas les vantards et les prétentieux... même si j'espère que mes amis ne le sont pas !)
Merci pour ta longue réponse... Bisous !!!

Anne, pour la colère je suis totalement d'accord avec toi. En fait dans le bouquin ils disent qu'il faut exprimer sa colère, le dire quand on l'est, mais ne pas s'en servir comme une arme. Comme tu dis, des fois il y a des trucs qui ne sortent que lorsqu'on est en colère (de mon côté j'essaie d'éviter parce que lorsque je suis en colère je contrôle rien... je préfère dire quelque chose une fois calmée.) !
Et sinon oui tu es très claire, je vois très bien ce que tu veux dire !

Pareil, d'accord avec ton deuxième paragraphe : ne pas tomber dans l'extrême inverse... j'ai un peu peur que ça m'arrive, pour être tout à fait honnête. J'ai tellement fait de concessions avec mes parents et mon ex, réprimé mes colères, mes envies, mes peurs, que là je ne veux plus vivre dans cette frustration permanente. Donc plus exigeante... enfin jusqu'ici mon chéri n'a pas l'air de s'en plaindre ! :p
Bisous, et vivement vendredi, à la béchamel et au chocolat hein... ;)

4 Le Samedi 8 Septembre 2007 à 19:11 GMT+2, par Lelf

Coucou miss
J'ai à peu près tout lu hier, mais suis trop fatiguée et pas très dans mon assiète pour commenter tout ça.

Juste : je rentre de la FNAC et j'y ai croisé un auteur qui a écrit " Imparfaits, Libres Et Heureux ; Pratiques De L'Estime De Soi", ou encore "L'Estime De Soi S'Aimer Pour Mieux Vivre Avec Les Autres ", mais aussi " Vivre heureux : Psychologie du bonheur", et " La Peur des autres", puis " Psychologie de la peur : Craintes, angoisses et phobies"....

Bref, je me suis dit qu'il fallait que je m'inscrive vite à une bibliothèque parce que tout ça m'intrigue...
Peut être qu'en lisant ces bouquins je vais pouvoir comprendre certaines choses... (Je me pose tellement de questions en ce moment...)

5 Le Samedi 8 Septembre 2007 à 22:25 GMT+2, par gabi

Yeah! Nos pensées se rejoignent bien! Oui, s'exprimer et surtout exprimer son désaccord, sa colère ou autre sentiment négatif comporte un risque : ca peut ne pas plaire. Mais c'est bien plus constructif : ca laisse une chance de récupérer le tout, et ca t'évite de te faire du mal. Ce qui me gène, c'est ces gens hypocrites qui se servent du prétexte de la colère pour vider leur sac d'une façon dégueulasse sur ton dos : c'est facile, sous couvert de la colère, ils ont une belle excuse! On ne dit jamais des choses qu'on ne pense pas lorsqu'on est en colère, au contraire : on ne dit que ce que l'on a caché à l'autre. Ce pourquoi je hais ces gens et n'acceptes jamais leurs mensonges ensuite.

Pour ce que tu dis du regard des gens. C'est pareil pour tout. Etre jolie, mince, bien coiffée, bien maquillé, avec un mec bien et attentionné, un taff interessant etc ... TOUT demande des efforts. Il faut des sacrifices, de l'investissement. Je hais ces gens jaloux et mesquins qui croient que c'est facile. Ils croient que dans la vie tu as tout par chance. Comme ils ne veulent pas faire d'efforts eux meme, ils sont persuadés que tu n'en fais pas et donc, te jalouse ta pseudo chance. Ca me dégoute. A chacun de s'assume, force et faiblesse comprise.

POur tes amis, j'ai une réflexion qui m'a traversé l'esprit : on-t-il envie de SAVOIR qu'il existe un plaisir plus grand ? Les gens sont souvent laches. Ils refusent de progresser car ils refusent de se remettre en question, de s'avouer leurs erreurs comme leurs faiblesses. Pourtant, on a tous ^^ et c'est en les cherchant qu'on peut les combattre, ou du moins, les accepter et les assumer pour vivre en paix avec soi même... bibis

6 Le Dimanche 9 Septembre 2007 à 11:42 GMT+2, par Cléme

Coucou! Décidemment, Panthére, j'adore lire ce que tu écris. ça me permet de réfléchir, d'ouvrir les yeux sur des choses dont je soupçonnais que peu l'existance. J'avoue moi-même rechercher la meilleure façon de vivre son couple, d'être en paix avec soi-même et avec sa moitié. Mon mot d'ordre est "pureté", tout simplement parce que c'est quelque chose qui me fascine puisque impossible. Enfin, je considére (et ceci n'est que mon avis, tout le monde à le droit de penser différemment) que l'on ne peut pas être pur à 100% mais que l'on peut s'en approcher de trés prés. Et justement, tout ce que tu me fais lire me fais avancer sur ce chemin là. Merci donc.
Par rapport à la colére, ça m'a soulevé des refléxions: je suis quelqu'un qui ne s'ennerve que trés trés rarement, pour la bonne et simple raison que je n'aime pas crier et entendre crier. Par conséquent, lorsque je ne suis pas d'accord, j'explique calmement On m'a d'ailleur souvent dit que j'étais "trop gentille" et que je me faisais marcher sur les pieds. Alors j'essaie de ne pas être "trop" mais seulement gentille. Mais ce n'est pas facile!!
Mon expérience avec mon ex me l'a bien montré: de peur de le blesser, je ne disais jamais (ou trés peu) ce qui n'allait pas. Du coup, ça c'est accumulé jusqu'a ce que je craque. Je fais donc attention à ne pas renouveler l'erreur, mais j'ai toujours tendance à réfléchir avant de parler de peur de vexer les autres, ce qui parfois m'amméne à me taire. Et des fois, je ne devrais pas! Tu as raison sur le point qu'on est ce que l'on est, et que l'on ne doit pas renier sa personnalité. L'adolescence finie, je l'assume de plus en plus, mais les prochaines années me verront certainement murir encore. Mes amis me disent que je suis mûre pour quelqu'un de mon âge; ça en étonne même certains, et pourtant, j'ai souvent l'impression d'être encore une enfant...
En tout cas, merci pour ce grand bol de réfléxions, ça fait du bien de temps en temps, je trouve^^
Bisous, vivement qu'on se revoit!

7 Le Dimanche 9 Septembre 2007 à 20:22 GMT+2, par Mapie

Je n'ai pas eu le temps de tout lire , bravo pour la réfléction , c' est sur , je reviendrai ,lorsque j'aurai plus de temps !

8 Le Lundi 10 Septembre 2007 à 05:33 GMT+2, par Mélimélo

Magnifique leçon du Petit Prince...
Respect, respicere, regarder... J'ignorais cette racine? Mais c'est tellement vrai...
Pas le temps de commenter plus, et il faudrait que je relise en détail. Mais dans les grandes lignes je suis complêtement en accord avec ce que tu dis...

9 Le Mardi 11 Septembre 2007 à 15:28 GMT+2, par Panthère

Lelf, oui l'auteur de "L'intelligence du coeur" parlait de certains des bouquins que tu me cites ^^
Tu me diras ce que tu en as pensé une fois que tu auras eu le temps de mettre la main dessus ? :D

Gabi, exprimer ce qu'on ressent, ce qu'on est, peut ne pas plaire effectivement... mais bon après ça dépend des circonstances, personnellement je ne peux pas toujours dire tout ce que je pense ou ce que je ressens. Je prends pour exemple des gens de ma famille qui font partie d'une secte que je ne nommerai pas. Personnellement je ne suis pas croyante (plus agnostique qu'athée, au passage), et je sais qu'ils ont fait souffrir à cause de leurs souffrances, les membres de ma famille. Pourtant, vu qu'on ne fait qu'une réunion de famille par an, je ne vais pas la pourrir avec ce que je pense d'eux, parce qu'ils font partie de ces gens qui ne veulent pas entendre raison, et encore moins accepter leurs torts... c'est tout le noeud des problèmes familiaux !
En dehors de ça, avec mon chéri et mes amis, quand il y a quelque chose qui ne va pas, je le dis. Avec la famille, comme tu l'as vu, c'est plus difficile.
Pour ce qui concerne mes amis, je ne crois pas qu'ils ne veulent pas ne pas savoir... c'est plus compliqué. Comme c'est un domaine tabou, on ne sait jamais quand on progresse ou quand on recule dans notre savoir. Vu que les gens n'en discutent pas et sont vachement coincés ou sensibles à ce sujet. Non, ce qui m'agace c'est qu'ils considèrent comme une évidence certaines choses du sexe alors que c'est loin de l'être pour tout le monde... facile quand on vient d'une famille où ça n'est pas trop tabou et bien éduquée, plus dur déjà quand on vient d'une famille où on n'en parle jamais. C'est comme ça qu'après dans certains magazines des sexologues ou autres se retrouvent surpris devant des jeunes qui disent : "si je retiens ma respiration quand mon mec éjacule, je ne tomberai pas enceinte". Ces gens ignorants existent, tout comme nous, nous pouvons passer pour ignorants par des gens qui ont un plus grand savoir que nous. J'aimerais juste qu'ils en prennent conscience. Le livre du kama sutra n'est pas seulement un beau livre d'images mdr... tu vois ce que je veux dire ? :)
Bisous tout plein, merci pour ta réponse !

Cléme ! Contente si mes réflexions peuvent te faire avancer dans les tiennes ! Pourrais-tu préciser ce que tu entends par "pureté" ? J'avoue que ça n'est pas très clair à mes yeux, je vois différentes possibilités...
Pour ce qui est de la colère, je te comprends totalement, à vrai dire je suis comme toi... je n'aime pas crier ni entendre crier ! On se comprend donc très bien :p De toutes façons c'est toi qui as raison, crier ne sert à rien. On peut très bien exprimer une colère sans hausser le ton. Qui plus est, les "colériques" ont tendance sous couvert de la colère à dire des méchancetés... donc très bien d'expliquer calmement ce qui ne va pas. Après, c'est aussi en rapport avec le caractère. Tu as l'air d'être quelqu'un de plutôt doux. Mais qui dit doux ne dit pas sans caractère... tu sais où tu vas et ce que tu veux, et pour ça il faut une bonne dose de caractère ;)
Pour ton expérience avec ton ex, encore une fois, j'ai l'impression de me lire... pas envie également de refaire la même bêtise, je te soutiens dans ta volonté de transparence ^^ Pour ce qui est de vexer les autres... si c'est exprimer ta volonté, tes envies, il ne faut pas trop hésiter. Si par contre c'est "vexer" pour "vexer", là effectivement tu peux réfléchir avant de dire quoique ce soit. J'étais comme toi avant, trop peur de vexer ou pire, décevoir les gens. Maintenant je n'hésite plus, quand quelque chose me tient à coeur, même si ça ne plaît pas, je le dis. Parce que sache que les gens te respecteront d'autant plus si tu peux exprimer tes envies et ta volonté, sans pour autant écraser les leurs. Les gens qui se taisent toujours ne sont pas les plus respectés... d'après ce que j'ai pu voir, car les gens ne savent pas ce qu'ils pensent et ça ne leur plaît pas toujours. N'hésite pas, donc, à dire ce que tu ressens, penses, et tes convictions !
Dernière chose très bien : tes amis te disent plus mûre que ton âge et pourtant tu te trouves encore "gamine", c'est très bien de garder une conscience aigue de ce que tu es, mais ne te mésestime jamais ;)
Bisous et j'espère à bientôt !!!

Mapie, merci :)

Mélimélo, oui le Petit Prince est un trésor de sages pensées ;)

10 Le Mardi 11 Septembre 2007 à 17:12 GMT+2, par Lelf

"J'étais comme toi avant, trop peur de vexer ou pire, décevoir les gens. "
J'ai l'impression de me lire :-s

11 Le Mardi 11 Septembre 2007 à 17:36 GMT+2, par gabi

oui tout a fait! *message compris*

12 Le Dimanche 16 Septembre 2007 à 08:48 GMT+2, par Mézenc

Un blog intéressant, mais très féminin.
J'ai 50 piges, ma femme en a 8 de moins : il est vrai que j'avais hérité d'un modèle familial (elle le même) et que je souhaitais y rentrer (sans doute la faire rentrer dans ce modèle patriarcal). Je crois ne jamais avoir eu de désir de meurtre ou de soumission brutale, mais toujours celui de pouvoir. Aimer (ça fait 25 ans qu'on essaye), c'est au contraire aider l'autre à vivre sa vie selon ses souhaits, ses possibilités, tout en restant soi-même. Cela impose de parfois s'écraser et faire des choix en couple, entre vacances à la mer où à la montagne, le mauvais choix serait le compromis:vacances en plaine ! il faut chercher comment le désir de l'autre pourra être positif pour vous avant d'imposer le votre. Voila ce que les années m'ont appris.

Par contre vos visions des relations sexuelles et sociales entre hommes et femmes ne me semblent pas très pertinentes:
Historiquement, l'espèce humaine doit avoir 200 000 ans (vos millions d'années de société matriarcale prénéolithique me paraissent donc mythique. et ce d'autant plus que la force physique de l'homme (et son agressivité) était capitale pour défendre et nourrir le foyer, (et pour imposer son pouvoir...) à cela s'ajoute le fait que la contraception n'existe que depuis 40 à 50 ans, que certaines tribues papous font encore mal la relation entre le coït et la procréation (ignorance sans doute répandue il y a 5000 ans) donc les femmes étaient souvent "encombrées" de bébés et inaptes à beaucoup de travaux et de surveillances : seule une société patriarcale me parait concevable alors. Et avec ses règles morales bien antérieure au judéochrétiens : virginité des jeunes filles pour éviter les bouches à nourrir supplémentaires de la famille paternelle, fidélité des épouses :qui voudrait nourrir le fils de l'amant ...

Quant à votre vision des ébats sexuels, vous me semblez une femme pleine de désirs et insatisfaite par les trois ou quatre orgasmes de vos partenaires (moi mon maxi, c'est 5 à 25 ans; à 50 ans, 2 si le sommeil n'est pas venu avant la vigueur).
Connaissez vous vraiment la physiologie masculine ? A 15 ans, un sein nu suffit à provoquer l'érection, à 20 ans la pénétration appelle l'éjaculation; dans une journée, l'homme pensera sexe (des flash) 5 ou 6 fois : l'espèce humaine doit se reproduire avant de penser à des jouissances qui durent !
Je crois qu'il faut bien avoir ces notions en tête avant de penser à ce qui est permis au XXI° siècle: le partage homme/femme des responsabilités et des plaisirs.

13 Le Dimanche 16 Septembre 2007 à 14:29 GMT+2, par Panthère

Mézenc, "Un blog intéressant, mais très féminin", cela me paraît évident, étant du sexe féminin... peut-être sous-entendiez vous "féministe" sous le mot féminin ? Qu'importe, dans un sens comme dans l'autre, je suis fière de mon sexe !
Pour ce qui est d'aimer, je ne crois pas avoir jamais dit d'être soi en écrasant l'autre, ses rêves et sa personnalité ? Ce que je pense va exactement dans le sens de vos paroles, peut-être m'avez-vous mal comprise. Vous dites sans doute cela par rapport à mon rêve de "moto", ce en quoi je vous répondrais qu'il y a certains rêves dans une vie de couple qui ne peuvent être oubliés pour le bonheur de l'autre. La vision du couple dépend de l'éducation que l'on a eu, de même que la vision que l'on a de l'amour. J'ai un coeur gros comme ça, je suis prête à beaucoup de sacrifices ou de compromis par amour, mais je refuse de me faire marcher sur les pieds. Je suis quelqu'un d'indépendant, et je ne plairais sans doute pas aux hommes à tendance dominatrice.
"il faut chercher comment le désir de l'autre pourra être positif pour vous avant d'imposer le votre." Encore une fois, je vais dans votre sens... mais par des cheminements différents.

Quant à mes visions sexuelles et sociales entre les hommes et les femmes... je n'ai pas prétention au Savoir universel, c'est pourquoi je me suis appuyée sur de longues citations d'une professionnelle bien renseignée, en violet dans ma note. Avez-vous lu trop vite, n'avez-vous pas remarqué ? La majorité de cette note n'est que citations, je ne fais qu'ajouter des remarques. Vous ne critiquez pas mes visions, mais les siennes, finalement... Et je pense être suffisamment renseignée à ce sujet pour ne pas raconter trop d'âneries.
En ce qui concerne ces fameux 5 millions d'années, je pense que l'auteur a tout simplement voulu sous-entendre "tout ce qui s'est passé avant l'homo sapiens", et notez bien, elle a dit "d'égalité sexuelle", pas de matristrique ! En effet, comment dire au stade de cellule (à 5 millions d'années, on devait ressembler à ça, non ?), que la cellule "mâle" domine la cellule "femelle", ou même l'inverse ? C'est bien d'égalité qu'il s'agit là...
Pour ce qui est de la Préhistoire, je me permets de vous citer comme source une saga qui est très bien renseignée historiquement, de Jean Mac Auel. Effectivement, les hommes chassaient, mais l'homme n'est pas carnivore, mais omnivore. Les femmes s'occupaient de la cueillette et du foyer, et à l'époque il y avait toujours, je pense, cette notion "d'égalité", qu'on retrouve bien dans ces romans. Qui plus est, avez-vous des preuves de non existence de femmes chasseresses ? Ou d'hommes à la cueillette ? Je ne pense pas qu'on puisse réduire la Préhistoire à "homme=fort=chasse + protection" et "femme=faible=cueillette + foyer".
De même pour ce qui concerne les moyens de contraception. Toujours dans cette série, l'auteur annonce (et je pense qu'elle avait quelques sources, même si le roman est une grande part d'imagination) que les femmes de l'époque prenaient des herbes pour éviter de tomber enceinte quand elles ne le souhaitaient pas. Je crois au contraire que le fait qu'elles puissent tomber enceintes ait servi de prétexte aux hommes pour leurs prétentions au pouvoir. Je lance ça comme piste de réflexion, je ne prétends pas que cela soit la Vérité. C'est toujours important, quelque soit l'âge que l'on a, de réfléchir, de se remettre en question, et remettre en question notre savoir, nos convictions.

Quant à mes ébats sexuels, je ne vois pas en quoi les citations d'un livre que je n'ai pas écrit peuvent vous aider à me juger ainsi - rire - ! Je ne pense pas être insatisfaite par mon partenaire (par les précédents, c'est autre chose... on apprend toujours à mesure que le temps et les personnes passent !), et je ne ressens pas le besoin d'avoir cinq orgasmes en une nuit (ou plus).
Pour ce qui est de la physiologie masculine, comme je l'ai déjà dit, j'apprend toujours. Et je crois que même à votre âge je serai encore en apprentissage... je n'ai pas de prétentions, juste un désir d'apprendre. Tout ce que vous me dites, je le sais déjà. Quant au fait que l'homme pense 5 à 6 fois par jour au sexe, permettez-mo de douter, en ce cas je serais un "surhomme" car j'y pense bien plus souvent...
Je ne renie pas mon animalité, mais encore une fois, physiologiquement, les hommes peuvent jouir plus facilement que les femmes. Pourtant elles aussi peuvent avoir accès au plaisir, si les hommes se donnent la peine. Pourquoi se reproduire, sans chercher à donner du plaisir à sa partenaire ? Nous avons conscience de ce que nous sommes, ce qui paraît-il nous différencie des animaux. Alors pourquoi renier cette humanité, et copuler plutôt que de faire l'amour ?

L'homme vit toujours avec son passé, c'est aussi les expériences passées qui lui permettent d'avancer. Nous nous prétendons civilisés pourtant nous sommes bien plus cruels que les animaux envers nous-mêms et notre planète. Je crois que justement on doit revenir à nos sources, où il n'y avait pas encore de croyances pour avilir un sexe à l'autre. Je ne crois pas à un âge d'or passé, il faut faire des efforts et souffrir pour avancer. Nous avons derrière nous plus de 2000 ans de "domination" de l'homme sur la femme, il va falloir faire preuve de volonté pour aller au-delà de toutes ces croyances, qui ont la vie dure. La différence fait notre richesse, je n'ai jamais prétendu que la femme avait l'égale force physique de l'homme...

A bon entendeur ! ^^

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