Contact...

"Je m'accroche à Tom, glisse
ma main par-dessus sa hanche pour le couvrir de ma paume, puis j'agrippe
fermement son pénis. Je veux qu'il grossisse dans ma main, qu'il devienne une
épée qui aura raison de mes doutes. Mais il se contente de marmonner, l'emprise
du sommeil est plus intime et plus étroite que la mienne. Il n'a pas besoin de
moi, pas comme j'ai besoin de lui. Il peut se disputer avec moi, se
réconcilier, puis se tourner de l'autre côté et s'endormir en oubliant nos
différends temporaires. Il n'a pas peur, lui, quand nous sommes en désaccord.
Mes bouts de seins sont durs, je les appuie contre son dos, et le contact est
une torture délicieuse. Je me frotte contre son immobilité, je me rends folle.
Retourne-toi, touche-moi. Je le supplie silencieusement. Rends-moi désirable,
donne-moi de l'importance, fais-moi exister.
[...]
Il s'éloigne dans le sommeil aussi sûrement qu'il partira travailler demain
matin, me laissant seule et douloureuse. Sans importance. [...] Les draps se
refroidissent autour de moi, deviennent des plaines de blancheur glaciale, Tom
n'est plus qu'une lointaine chaîne de montagnes que je n'escaladerai jamais. Je
suis seule.
Non, je ne suis pas seule.
Soudain son visage m'emplit l'esprit, et l'odeur de musc que je sens tout à coup n'est plus celle de Tom. Le désir qui m'envahit est aussi soudain et inattendu qu'un coup de marteau, une passion impérieuse qui fait de mon désir pour Tom une simple démangeaison, une envie passagère. Je le reconnais soudain, mieux que je n'ai jamais connu aucun homme. Sa langue, je le sais, serait râpeuse comme celle d'un chat, impatiente de découvrir mes secrets, et son sexe m'emplirait et se gonflerait contre moi. Pour lui, je serais tout, compagne, amie, amante. En étant simplement moi-même. J'imagine la fourrure lisse de ses flancs sous mes paumes, comment mes doigts chercheraient les protubérances à la base de ses cornes en dirigeant sa bouche sur mon corps.
Je m'agite dans les draps, mes bouts de seins froissés par la percale de mère Maurie, et je m'abandonne à mon fantasme. Mais mon imagination ne suffit pas à me rassasier et je suis trop fière pour me toucher moi-même. Le sommeil sera le seul à me prendre ce soir, et la caresse de mes rêves est trop légère pour m'apporter le plaisir libérateur."
Extrait de Le Dieu dans l'ombre, de Megan Lindholm, alias Robin Hobb.
Cela faisait des heures, des jours entiers qu'elle attendait. Qu'elle l'attendait. Elle savait qu'il allait arriver d'un moment à l'autre. L'impatience et le désir lui nouaient le ventre. Cela faisait quatre jours que cela durait. Soudain, la sonnerie de la porte d'entrée retentit. Elle s'arracha d'un bond à son ordinateur et dévala les marches à toute vitesse. Elle ouvrit la porte, un sourire radieux accroché aux lèvres. Il était là, de l'autre côté de la porte, à lui sourire en retour. Il entra, ils s'embrassèrent. Le baiser, simple, dura plusieurs secondes, ne se rompant qu'en les laissant essoufflés, la petite flamme de leur désir transformée en brasier. Quelques minutes plus tard, après les formalités du bonjour au restant de la famille, ils montèrent tous les deux. A peine la porte de sa chambre fermée, elle se précipita sur lui, et l'embrassa, encore et encore. Leurs bouches se dévoraient, comme si elles se découvraient pour la première fois.
Elle se colla contre lui, réfugiée dans ses bras, devinant sa force et la tension qui l'habitait dans la puissance de son étreinte. Elle le sentait dressé contre elle, plein d'un désir violent et sans limite. Son odeur lui tournait la tête, mélange d'après-rasage, de transpiration, et de cigarette froide. Elle glissa ses mains sous son tee-shirt, savourant sa douceur et les muscles roulant sous sa peau.
Il fit descendre ses mains le long de son dos, puis sur l'arrondi de ses fesses, encore protégées par sa minijupe en velours noir. Haletante, elle laissait sa peau dicter son plaisir, son impatience à ce qu'il la touche sans la retenue d'une barrière textile. Elle lui enleva son tee-shirt, se plaqua contre son torse nu, pendant qu'il s'accrochait à sa bouche et à ses reins. Elle sentait son désir déformer son pantalon, et ce contact la rendait folle.
Dans leur passion, ils finirent nus l'un contre l'autre, et ce qu'ils firent ensuite ne regarde qu'eux.
Une belle citation, et un petit texte d'invention. Depuis le temps que ça me trottait dans la tête ! L'extrait vient d'un livre de Robin Hobb, que je suis en train de lire actuellement. Comme vous pouvez le constater plus haut, elle l'a écrit sous un autre pseudonyme. Aux temps du passé, et à la première personne du singulier. Autant vous dire que ça change du tout au tout par rapport à son style habituel de l'Assassin Royal ou encore des Aventuriers de la Mer, pour ne citer que ses deux sagas les plus connues ! Là on est avec un personnage (une femme) pas bien dans sa peau, qui ne sent pas à sa place dans le monde dans lequel on vit, à part lorsqu'elle est dans la forêt. Je trouve cette citation empreinte de sensualité et d'érotisme. N'y voyez pas une expérience personnelle (encore que ça me soit déjà arrivé d'être dédaignée pour le sommeil, mais rarement !), mais je trouvais que le fait qu'elle fantasme sur le faune qu'elle connait depuis l'enfance (j'en dis pas trop, mais c'est dit dès le début, je spoile pas !) avait un petit quelque chose de fantasmagorique et d'interdit, vu qu'un faune, par définition, n'est pas ce qu'il y a de plus humain.
Quant au texte d'invention, je pourrais dire qu'il n'a d'invention que le nom, car c'est du vécu, et tout récent. D'où la censure dès que ça va plus loin... un rendez-vous très attendu, qui a produit des étincelles impressionnantes. Vous savez, de celles qui sont censées se produire au tout début d'un couple, les premiers mois. C'était tellement intense que j'avais envie de partager ses débuts avec vous. Pour être honnête, je dirais que le sexe c'est la deuxième chose qui fait que j'aime la vie, après la bonne bouffe (pour des domaines purement concrets). Mes Kiwis et mes ami(e)s proches me connaissent pour avoir l'esprit mal placé et l'assumer totalement. Ca va même plus loin que ça car je crois pouvoir affirmer que je suis épanouie dans la pratique également, et que j'aimerais, parfois, pouvoir mettre un maximum de gens à l'aise avec ce domaine ! J'avais juste envie de crier à la terre entière mon bonheur dans ce domaine-là (comme dans de nombreux autres, mais en l'occurrence c'est celui-ci qui est concerné ici !).
Pour conclure, un peu de musique
: Conscience, de Merzhin.
Par Panthère, Lundi 3 Septembre 2007 à 21:20 GMT+2 dans Félins et félines (article, RSS)

La déco que je t choisie est originale je trouve 





