Chez Panthere

Triste réalité...




Hier, mon chéri est venu me chercher au travail (décidément, j'adore ça, quand il vient me chercher au taff !), et dans le voyage retour, je ne sais plus trop comment, on en est venu à parler de nos familles respectives (parents et frères et soeurs). Chez lui, il y a eu comme chez moi des interdictions et des droits, mais ça n'a jamais été étouffant comme chez moi. Notre éducation a été plus ou moins la même quand on y regarde bien, à part que ses parents ont trouvé un équilibre, et pas les miens... On en est venu à parler plus précisément de ma famille. Mon chéri me faisait remarquer, par exemple, mon petit frère qui à la moindre remarque (critique ou blague) part au quart de tour, hausse le ton et devient agressif, sans forcément s'en rendre compte (c'est le pire). Mon chéri me faisait remarquer qu'à ses yeux ça avait le don de casser l'ambiance. C'était une des choses qu'il avait remarquée lors des 50 ans de mes parents fêtés avec amis et famille proche. De même pour ma mère, qui elle aussi réagissait assez facilement mal aux remarques ou blagues (mais elle pour une autre raison : manque de confiance en elle).

Je lui disais ensuite que je n'en pouvais plus d'un trait de caractère de ma mère en ce moment (non non pas celui dit dans la précédente note...), c'est-à-dire passer sa journée à critiquer mon père. Qu'il soit là ou pas, tout prétexte est bon. Une fois, je me suis amusée à compter, rien que dans une matinée, elle l'avait critiqué cinq fois. Pourtant, elle ne cesse de fustiger sa mère et sa belle-mère qui rabaissent sans arrêt leurs maris en les traitant de moins que rien ou autre... et elle fait exactement la même chose. Je lui fais la remarque, vous pensez ? Parce que si mon père faisait la même chose, eh bien ce serait un prêté pour un rendu, aussi bête soit-il ! Mais ce n'est même pas le cas. Il a sans doute pas mal de choses à lui reprocher, mais au moins attend-il d'être hors portée de nos oreilles pour le faire. Pas comme elle...

Ensuite on est passé sur le fait qu'il n'aimait pas trop venir chez moi plus de quelques heures (pour dîner/dormir...). Je lui ai demandé pourquoi (sans reproches hein, pour savoir !), il m'a répondu qu'il ne se sentait pas à l'aise. Bon, il ne les connaît pas encore assez, mais il faut ajouter qu'ils ont tout un tas de règles relous pour régir la vie à la maison : plus de petit déj après 10 heures, pas de PC le matin, et j'en passe... des règles qui pour la plupart ne devraient plus avoir lieu vu nos âges (22, 20, et 18 ans). Enfin, le truc qui m'a "ouvert" les yeux... il m'a dit que c'était probablement à cause de l'atmosphère qu'il y a chez moi qu'il n'y était pas à l'aise et n'aimait pas trop y rester. Quelle atmosphère, me direz-vous ? De la tension dans l'air, tout le temps, m'a-t-il répondu. Eh oui, de la tension. Comme je vis dedans, je m'y suis habituée et je n'y prête plus attention. Mais quelqu'un d'extérieur la sent (et je vous précise que chéri s'il ne parle pas beaucoup est très observateur, et sent beaucoup de choses... un point qu'on a en commun !). En l'occurrence, mon chéri. Et je lui disais en riant qu'une fois que je serai partie de chez moi, j'allais RESPIRER ! (Petit clin d'oeil à une de mes proches amies qui se reconnaîtra dans cette phrase...)
Quand il m'a dit ça sur la tension de l'atmosphère, ça m'a secouée, mine de rien. Et ça m'a soulagée aussi, heureuse que j'étais de voir que je n'étais pas la seule à m'en rendre compte (quand bien même j'y suis habituée). Je suis heureuse de ce soutien implicite, parce que franchement, des fois, à table le soir, j'ai bien envie de les baffer tous les deux (mes parents).


J'ai offert "Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus" à mon père, parce que je suis persuadée que ça leur ferait le plus grand bien de lire ce bouquin, tous les deux. Quand j'en ai parlé à ma mère, elle ne voulait pas le lire. Trop orgueilleuse pour reconnaître qu'une partie de ce qui leur arrive à tous les deux est de sa faute. Quant à mon père, je ne sais pas non plus quand il va le lire, il doit sûrement penser que c'est un livre "superficiel", "bon pour les nanas", pourtant ce que j'y ai lu pourrait beaucoup les aider, s'ils se donnaient chacun un peu de mal pour aller vers l'autre.
Mon père est machiste, il estime que la cuisine et le ménage, c'est aux femmes de le faire (même s'il ne le dit pas ouvertement, à sa façon de se comporter, ça crève les yeux), du coup il trouve normal tout ce que ma mère fait. Lorsqu'il propose son aide à ma mère, elle l'envoie paître parce qu'elle voudrait des choses qu'il ne lui donne pas, du coup il se retranche un peu plus. Et lorsqu'elle accepte son aide, elle critique tout ce qu'il fait parce qu'il ne le fait pas comme elle. Mon père n'écoute plus ma mère : exemple, il roule trop vite (en moyenne 20km/h au-dessus de la limitation : en ville il n'est jamais à 50 mais plutôt 60 ou 70. Forcément, rouler en cinquième en ville, à 50, c'est pas possible ! Sur départementale, au lieu de 90, c'est plutôt 110. Et sur l'autoroute, plutôt que 130, c'est 160. Et on a beau tous les quatre le lui dire, il s'en fout, il continue... Ca exaspère ma mère (et tout le monde, pour le coup !) comme pas possible.).
Ma mère en a ras-le-bol que mon père soit toujours sur son PC. Si elle s'écoutait je suis sûre qu'elle le casserait à coups de marteau. Elle devrait accepter que c'est son dada, tout comme son dada à elle soit la broderie. Elle voudrait faire davantage de trucs avec lui, mais chaque fois qu'ils sont ensemble, c'est un miracle si elle ne le critique pas. Elle en a marre qu'il soit renfermé, silencieux, lunaire.

Il n'y a plus de dialogue personnel entre eux deux. Les seules choses sur lesquelles ils peuvent encore se parler sont des choses matérielles : gérer le budget, les prochaines vacances, etc. Ca fait longtemps que je ne les ai pas vu heureux tous les deux (à part le week-end de leurs 50 ans, mais comment savoir si ça n'était pas non plus en partie une façade ???).


Pas étonnant qu'après mon chéri trouve l'atmosphère tendue ! Il y a de quoi... Je dois vous avouer que je sature, et que plus d'une fois quelques mots du genre "arrêtez de jouer les sourds et mettez cartes sur table ! Ecoutez-vous, bordel !" m'ont brûlé la langue. Quant à mes frères, ils ont déjà sortie une fois ou deux des phrases du même acabit. Sans résultat. Nous avons pour parents deux enfants qui ont décidé de voir lequel des deux craquerait en premier. J'espère ne plus être là quand ça arrivera.

Vos commentaires

1 Le Samedi 11 Aout 2007 à 18:15 GMT+2, par Lily

Franchement, je ne peux pas dire grand chose.
Je connais très bien ce genre d'atmosphère tendue dont tu parles.
Tes parents ont aussi un vécu commun que tu ne connais peut-être pas .
Je pense que c'est dur pour ta mère de s'adresser à un mur, quelqu'un qui ne réagis pas ouvertement. Il y a des erreurs de chaque côté, personne ne peut se targuer de ne pas être en faute lorsqu'il y a un problème.
Mais tu auras beau essayer de les aider, c'est leur problème, et je ne suis pas sûre que tu puisses y faire quelque chose. Même si je trouve ça très bien d'essayer, ça prouve à quel point tu te soucis d'eux et tu les aimes.
Ce qu'il faut c'est prendre leçons de tout ça, et tenter de ne pas faire les mêmes erreurs.
Courage et bisous.

2 Le Samedi 11 Aout 2007 à 18:26 GMT+2, par gabi

fiou... ca c'est de la note confession, au moins tu verbalises, tu réfléchis et ca c'est positif pour TOI.
Lorsque les tensions en arrivent à ce stade là, c'est invivable pour tout le monde : les protagonistes comme les autres. Les parents ne devraient pas méler leurs enfants à leur ménage : chose qu'une ou deux mamans que j'ai connu et dont j'ai loué la vie de famille m'ont dite : "crois pas qu'on s'engueule pas! Oh si! Mais jamais devant les enfants : ils ont droit à une vie d'enfant, et nos problèmes d'adultes ne doivent pas les faire souffrir".
J'ai hate pour toi que tu sortes de là. Tu verras combien tu apprécies la sérénité. C'est une chose primordiale et toute simple qui change tout : se lever le matin, dans le calme et passer sa journée sans cris, sans baguarre, sans disputes, sans reproches... (c'est pour ca que je fuis comme la peste les gens trop impulsifs, querelleurs ou hypocrites, ma sérénité passe avant^^ j'ai assez donné merci bien^^)

Je ne comprendrai jamais pourquoi les gens ne résolvent pas leur problème honnetement par la simple franchise. On peut tout dire, avec délicatesse. Tout problème a sa solution. Mais la vérité fait peur à certains pour les conséquences et les bouleversements qu'elle entraine, et ils osent apeller ca l'esprit de famille ou la fibre sociale... chacun ses valeurs^^ Bise

3 Le Dimanche 12 Aout 2007 à 17:51 GMT+2, par Headbanging

C'est difficile de dire des trucs là-dessus parce que mine de rien j'ai l'impression que tes parents sont "over-borurins" entre eux même.
Peut-être que tu ignores les raisons de cette tension... Il s'est peut-être passé quelque chose qui les rend si tendus... Il vaut mieux que vous laissiez couler...

4 Le Lundi 13 Aout 2007 à 09:08 GMT+2, par Oken

Folle ambiance : / Pas glop... et chiant pour les enfants.
L'impression que c'est fréquent à cette âge ou pour cette génération.

5 Le Lundi 13 Aout 2007 à 09:51 GMT+2, par Meuble

Des ambiances tendues comme ça j'en ai connu... Pas chez moi, mais j'étais jamais vraiment à l'aise chez Val, et c'était dû à ça, indubitablement ! A cause de règles strictes, d'impression d'inégalité entre frère et soeur, de blagues mal prises,...

Sinon (on relève des choses différentes selon notre point de vue, c'est marrant ^^), je pense que ceux qui ne parlent pas beaucoup sont assez observateurs, et réfléchissent pas mal sur eux-mêmes et les gens qui les entourent, et les relations dans la société. J'avais écrit quelque chose là-dessus, je le mettrai sur mon blog, tiens (oui, encore de la récup' ^^)

6 Le Lundi 13 Aout 2007 à 12:58 GMT+2, par Panthère

Lily, oui sans doute qu'ils ont un vécu commun que je ne connais pas, mais ma mère lui fait tellement de critiques devant nous que j'en connais quand même pas mal sur ses récriminations...
C'est clair que ça doit être horrible de s'adresser à un mur, comme tu dis... mais ce mur, elle l'a, en partie, monté elle-même, à force de le critiquer sans cesse. Mais comme tu dis et comme je le dis, les torts sont partagés !
Non je ne peux pas y faire grand chose, à vrai dire mon but n'est pas de les aider mais plutôt de les forcer à se bouger et ouvrir les yeux, pour le reste, je les laisse se débrouiller !
Merci :) Bisous !!

Gabi, "se lever le matin, dans le calme et passer sa journée sans cris, sans bagarres, sans disputes, sans reproches...", tu ne peux pas savoir combien je fantasme sur ça ! Des fois je me lève le matin, ma mère me fait la gueule ou une réflexion désagréable alors que j'ai même pas fini de me réveiller...
Pourquoi les gens ne résolvent pas leurs problèmes dans la simple franchise ? Parce que, dans de nombreux couples, passé un certain stade, le seul but est de blesser l'autre parce qu'on est amer, déçu par lui, qu'on a l'impression d'être trahi, etc. C'est ce qui se passe, au moins du côté de ma mère. Alors mettre cartes sur table pour quoi faire ? Mettre son coeur à nu pour mieux permettre à l'autre de te blesser ? Certainement pas. Je suis quasiment certaine qu'ils pensent tous les deux en partie comme ça. Ce qui explique ce piétinement...
Après, je ne crois pas que dans l'absolu ils aient envie de se séparer tous les deux, mais désirent profondément que l'autre change d'attitude. Ce qui est impossible car on ne change pas de caractère à 50 ans, mais des efforts sont possibles, si tant est que les deux parties y mettent du leur...
Et s'il devait y avoir divorce, à vrai dire, je ne sais pas trop comment ça se passerait, car ma mère n'a pas de salaire, c'est mon père qui paye tout. A qui reviendrait la maison... ? A moins qu'ils préfèrent attendre qu'on soit tous partis pour ensuite vendre la maison et se payer chacun un appart, si ça devait arriver. Ou encore vivre tous les deux dans la maison, mais chacun de son côté, sans plus se sentir de devoir envers l'autre !
Quant à la notion de l'esprit de famille, une parenthèse :) pour moi, elle signifie que, quoiqu'il arrive, on se serre les coudes. On ne sait que trop bien ce qu'elle peut détruire ou cacher sous prétexte que ça ne doit pas sortir du cercle familial (violences conjugales, viol, meurtre...), mais chez moi rien de tout ça. Envers et contre tout, quand j'allais vraiment mal (rupture par exemple), ma mère était là. L'esprit de famille est là, mais dénaturé par ce combat larvé entre mes deux parents.
Bisous !

Head, oui, faut laisser couler, pas grand chose d'autre à faire. Mais je n'ai pas envie de laisser couler quand ça rejaillit sur nous : j'ai autre chose à faire par exemple qu'être un genre de tête de turc pour défouler les humeurs parentales ! (Ces derniers temps quand mon père ouvre la bouche pour me parler c'est à 90% du temps pour me faire des reproches. Dans ce cas-là je préfère encore qu'il se taise ! Ou encore ma mère qui garde un reproche ridicule (du genre : t'as pas essuyé la table) tout le week-end que je suis chez Chéri pour me le balancer au retour, le dimanche soir !) C'est pesant à supporter, minant pour le moral. C'est ce genre de trucs qui me poussent à vouloir les secouer ! Ma santé mentale avant tout (sans compter celle de mes frères, qui sont moins bien armés que moi pour supporter ça, surtout le petit dernier...) ;)
Bisous tout plein !

Oken, oui, ça doit être la crise de la cinquantaine... pfff bonjour l'égoïsme quand même, dans ce cas !

Meuble, j'ai l'impression que tu me décris ce qui se passe chez moi là, arrête xD :S Peu ou prou ce sont les réflexions de mon chéri, ce que tu me dis...
Oui, ceux qui ne parlent pas beaucoup sont observateurs, forcément vu qu'ils se taisent ils peuvent mobiliser leurs sens à autre chose qu'à voir si des gens les écoutent !
Chouette, de la lecture !!! :p

7 Le Lundi 13 Aout 2007 à 17:57 GMT+2, par gabi

Merci sincérement pour ta longue réponse. Tu as pris du temps pour moi, ca me touche. J'espere que tout s'arrangera. La franchise n'amènerait peut etre pas un divorce, ca pourrait peut etre aider à un accord ou un arrangement... Et saches que dans un cas comme celui ci, normalement, ta maman ne sera pas démunie, elle touchera une pension même si vous êtes partit, a moins que ton papa ne s'y oppose mais elle peut faire entendre ses années de mères au foyer aupres d'un juge ...

Et pour la notion de famille, ta définition me plait ^^ je pensais plus à celle de mon copain en écrivant, sa famille c'est "ne rien dire pour ne rien briser = la franchise fait du mal mais le mensonge hypocrite préserve" c'est des obligations aussi, chose que je n'aime pas et ne cautionne pas. Chacun ses principes! Bibises plein, je file, je dois taffer ....

8 Le Mardi 14 Aout 2007 à 01:09 GMT+2, par Kyilidia

Juste une tite réflexion qui me vient en tête : avoir ses enfants sous son toit change beaucoup de choses. Vivre juste à deux en change encore plus !

Mes parents n'ont jamais autant parlé que depuis mon départ, dans le sens où ils ont pu se re-centrer sur leur couple et se dire ce qui n'allait pas sans avoir à craindre des retombées sur moi.

Ils se disputent et se disputeront toujours, comme chien et chat. C'est une manière de se montrer qu'ils tiennent l'un à l'autre (pas la meilleure mais elle leur correspond à tous deux alors bon... one point !).

Pour tes parents, n'oublie pas qu'avant tout, c'est une vie de couple qui n'est pas à deux mais à cinq. Et que même si tu penses que ça ne passera pas, ça ira mieux plus tard, quand petit à petit ils pourront se re-centrer sur eux même (z'auront pas le choix !). Quant aux reproches, ils seront toujours là, on ne change pas 30 ans de vie comme ça.

De là à parler de divorce... ça, ça reste à eux de voir mais ils sont sans doute plus soudés que tu ne le penses (ça, c'est mon avis externe quand je les vois).

Gros bisous ma Panthère !

9 Le Mardi 14 Aout 2007 à 10:45 GMT+2, par Étienne

Je ne vais commenter qu'une partie de ton billet, ton père qui roule trop vite. S'il ne veut rien entendre et que ça te dérange vraiment, il y a une solution radicale : tu l'avertis que tu aimerais qu'il roule plus lentement ensuite tu vois si à l'aller il fait un effort. S'il continue à s'entêter, au moment du retour, tu refuses de monter dans la bagnole et tu t'arranges autrement (train, ...) et, surtout, tu ne cèdes pas cette fois là.

Oui, ça risque de provoquer une esclandre, surtout si certains de tes frères sont solidaires, mais parfois, quand rien n'y fait, il faut prendre les grands moyens. Oui, je sais aussi que ça va t'enrager de devoir payer pour rentrer.

Mon beau-père, lorsqu'on rentrait d'un resto, roulait en général ayant bu. Il n'y avait pas long à faire, 3-4 km, mais ça énervait tout le monde avec raison. Comme le sujet est tabou, j'ai fini par dire à ma copine qu'il fallait qu'elle se débrouille pour que ça ne se reproduise plus sinon je rentrais à pieds la prochaine fois. Il se trouve qu'avec sa mère elles ont réussi à se débrouiller pour que dans ces cas là ma copine soit au volant. Le problème a donc été évité.

Cependant, quand ils ne sont plus que deux, ce n'est malheureusement certainement pas ma belle-mère qui conduit...

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